Le capital investissement européen est de retour

De par sa structure, le marché européen des rachats d’entreprises, en particulier dans le segment inférieur du marché intermédiaire offre des inefficiences de valorisation, des opportunités de sourcing et un potentiel opérationnel important.
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Les investisseurs mondiaux en capital-investissement ont historiquement eu tendance à considérer l’Europe comme une région caractérisée par un conservatisme budgétaire, des trajectoires de croissance modestes et des querelles politiques. Les capitaux ont toujours afflué plus facilement vers les États-Unis, où la taille, la capacité de génération de bénéfices et l’ambition stratégique sont considérées comme des piliers essentiels de l’investissement. Ces stéréotypes sont remis en question et les mentalités évoluent. C’est pourquoi le capital-investissement du Vieux continent offre aujourd’hui un ensemble unique d’opportunités.

Le marché européen des rachats d’entreprises, en particulier dans le segment inférieur du marché intermédiaire – son moteur –, se caractérise par un écosystème multiforme, façonné par des structures de propriété particulières (avec de nombreuses entreprises familiales) et une complexité opérationnelle qui alimente les scissions d’activités par les grandes entreprises. Cela crée des inefficiences de valorisation, des opportunités de sourcing et un potentiel opérationnel important.

Profil de valorisation attractif de l’Europe

Cette dynamique prend de plus en plus d’importance dans le contexte macroéconomique actuel. L’Europe passe d’une politique de rigueur budgétaire à des dépenses d’une ampleur sans précédent depuis l’après-guerre. L’Allemagne mène la charge avec ses réformes de 2025, rompant notamment avec une longue tradition de dépenses de défense minimales.

Dans ce contexte, même s’il reflète des perspectives de croissance plus faibles, le profil de valorisation attractif de l’Europe est une source potentielle de valeur à long terme et un point d’entrée potentiellement intéressant.

En moyenne, les rachats d’entreprises de petite taille et du segment inférieur du marché intermédiaire s’effectuent à des multiples d’entrée 5 à 6 fois inférieurs à ceux des opérations situées dans le haut du marché. De plus, compte tenu de l’intensité en capital historiquement réduite, le marché européen des rachats d’entreprises affiche des valorisations attractives par rapport aux États-Unis : les transactions menées par des fonds de capital-investissement s’évaluent à une médiane d’environ 11,2 fois la valeur d’entreprise sur l’Ebitda contre 12,8 fois pour les rachats américains.

Les flux venus des Etats-Unis s’intensifient

De même, la disparité au sein de l’Europe est tout aussi frappante : les scissions d’entreprises se sont négociées à un multiple pouvant atteindre 7 fois l’Ebitda contre 13 fois pour les rachats sur le marché secondaire, ce qui met en évidence les opportunités existant dans certains segments spécifiques.

Cette décote semble être de nature structurelle plutôt que conjoncturelle et les investisseurs internationaux en prennent de plus en plus conscience. PitchBook prévoit que les investisseurs américains représenteront environ une opération de capital-investissement sur quatre en Europe en 2026, à mesure que les flux de capitaux transatlantiques continueront de s’intensifier.

Les opérations sur le marché européen des entreprises de taille moyenne inférieure se négocient à des valorisations systématiquement plus faibles

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Sources : Baird, Capital IQ, Schroders Capital.

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