L’Isda arbitre les cas de Banco Popular et du Venezuela
L’association doit décider s’il y a événement de crédit lié à la restructuration de dette de la banque espagnole et au défaut sur un prêt contracté par le Venezuela.
Publié le
Patrick Aussannaire
Bruxelles voudrait un cadre global pour la reconnaissance réciproque de la régulation financière. Photo: PHB
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L’Isda est sollicitée sur deux dossiers brûlants. Le comité de détermination de l’Association internationale des swaps et dérivés a été saisi à la suite de la résolution bancaire de Banco Popular pour définir s’il existe un événement de crédit lié à la restructuration de sa dette senior et subordonnée. «Pour les CDS définis par les règles Isda 2014, la dette subordonnée sera activée, tandis que le contrat senior restera en vie. Ce dernier cotait à 90 pb et devrait converger vers le niveau du CDS de Santander. Pour les contrats sous définition Isda 2003, la clause de cross-trigger entre contrats subordonné et senior impliquerait que ce dernier serait aussi activé avec un taux de recouvrement de 100%, tandis que le recouvrement du CDS subordonnée Isda 2003 serait a priori nul en l’absence de délivrable», estime ainsi Natixis.
La cotation de marché des CDS à 5 ans sur les 14 contrats de dette subordonnée de Banco Popular est ainsi passée d’environ 20 pb à un niveau de 95 pb, avec une probabilité de recouvrement qui est proche de zéro pour les porteurs. Dans le même temps, la cotation de marché des CDS à 5 ans sur les 14 contrats de dette senior de la banque espagnole se sont effondrés d’un niveau de près de 500 pb à seulement 90 pb, pour converger avec ceux de Santander, actuellement d’environ 80 pb. Suite à la mise en résolution de Banco Popular et son rachat pour 1 euro, Moody’s a relevé sa notation senior attribuée de B3 à B1 et l’a mise sous perspective positive, alors que ses dettes subordonnées tier 2 et tier 1 ont été dégradées à C, Moody’s prévoyant ensuite de retirer les notes attribuées à ces dettes.
Parallèlement, l’Isda a également été saisie du défaut enregistré par le Venezuela sur un prêt de 950 millions de dollars qui lui avait été accordé par la Russie pour déterminer s’il s’agit d’un événement de crédit, ou non. Dans ce contexte, le niveau des CDS ainsi que les rendements d’Etat du pays se sont très fortement tendus après que la Russie a confirmé officiellement en début de semaine dernière le défaut de paiement de son débiteur, qui a utilisé les fonds prêtés pour des achats d’armes. Le prix des CDS à un an du Venezuela sont ainsi passés de 53% à un niveau de 63,7% en moins de deux semaines, à l’instar du rendement des obligations d’Etat du pays à 10 ans libellés en dollars, qui s’est également tendu à hauteur de 125 pb sur la période pour atteindre près de 24,4%.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
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