L’inflation freine à 8,5% dans la zone euro en janvier
L’inflation a ralenti plus fortement que prévu en janvier en zone euro, de 9,2% à 8,5% en rythme annuel alors que les économistes interrogés l’attendaient à 9%, et a baissé de 0,4% en janvier comme en décembre, selon la première estimation publiée mercredi par Eurostat.
Gros bémol, l’institut statistique a dû faire sans les données sur l’Allemagne, Destatis ayant indiqué mardi que sa publication de l’indice national des prix à la consommation pour janvier n’avait pu être publié «en raison d’un problème technique de traitement des données» et qu’elle était reportée à la semaine du 6 au 10 février. Par conséquent, Eurostat précise avoir calculé l’indice HICP de la zone euro à partir de ses propres estimations pour l’Allemagne.
«Le taux d’inflation pourrait être révisé à la hausse, de façon importante, à l’aune des données officielles allemandes qui doivent être publiées dans le courant du mois, estime dans une note Jack Allen-Reynolds, économiste Europe de Capital Economics. Contrairement à Eurostat qui a pris l’hypothèse d’une baisse de l’inflation dans le pays à environ 8,5% en janvier, contre 9,6% en décembre, d’après les données fournies mercredi, Capital Economics estime que l’inflation s’est accélérée outre-Rhin en janvier.»
Hausse en France
L’inflation HICP a bien ralenti aux Pays-Bas (8,4% après 11% en rythme annuel), en Belgique (7,5% après 10,2%), en Italie (10,9% après 12,3%), en Irlande (7,7% après 8,2%) et au Portugal (8,6% après 9,8%). Elle a en revanche légèrement augmenté en Espagne (5,8% après 5,5%) et en France (7% après 6,7%).
L’inflation européenne reste portée par les prix de l’énergie, qui ont cependant augmenté plus lentement en rythme annuel (17,2% après 25,5%), et même baissé en rythme mensuel (-0,9%), et par une accélération des prix des produits alimentaires (14,1% après 13,8% en rythme annuel). Les prix des biens industriels non énergétiques ont aussi progressé en rythme annuel (6,9% après 6,4%), malgré une baisse mensuelle (-1,8%). En revanche, bonne nouvelle pour la Banque centrale européenne (BCE) qui s’inquiète tant des hausses de salaires, l’inflation des services a également diminué (4,2% après 4,4%). Le taux annuel d’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) atteint 7% après 6,9% en décembre, et se stabilise en incluant le tabac et l’alcool (5,2%).
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Israël poursuit ses frappes au Liban, qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve
Beyrouth - L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud 13 personnes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités. Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne. Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile. Le ministère de la Santé a confirmé la mort des deux secouristes qu’il a inclus dans un bilan de 13 morts, dont un soldat et un enfant, dans des frappes israéliennes ayant visé trois localités dans le sud du pays. «Une frappe sur la ville de Nabatiyé a fait cinq (morts) dont deux secouristes de la Défense civile et deux blessés», une autre dans la localité de Jebchit a fait quatre morts «dont un soldat et un ressortissant syrien», et douze blessés, et une troisième à Bint Jbeil a tué «quatre citoyens dont un enfant et une femme», et blessé deux autres, a indiqué le ministère. «Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1.122 blessées», a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, faisant état de 108 personnels de santé et secouristes tués depuis le début de la guerre. Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children. Au total, les frappes israéliennes ont tué 2.882 personnes depuis le début de la guerre, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé. D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués. Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud. «Nous ne nous rendrons pas» Beyrouth a demandé aux Etats-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, y compris en Israël, aux frontières avec le Liban. «Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem. «Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (...) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté. Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le département d’Etat américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah». Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban. Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière. Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani». Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant. © Agence France-Presse