L’industrie du «crowdfunding» envoie ses premiers signaux à Bruxelles
Pendant que les banques font et refont leurs modèles, les plates-formes de «crowdfunding» ne cessent de croître. Elles viennent même d’écrire au Commissaire européen Michel Barnier afin d’obtenir une réglementation adaptée à leur structure innovante.
Dans un courrier en date du 18 décembre, les 31 plates-formes se présentent comme des places de marchés en ligne permettant « des transactions financières de petite échelle et directes entre les individus et les entreprises, remplaçant des intermédiaires et réduisant les coûts pour l’économie réelle». Ce courrier vise à unifier des réglementations disparates et singulièrement celles concernant le prêt.
Sortant de plus en plus régulièrement du vocabulaire des seuls initiés, le crowdfunding est une nouvelle forme de financement en ligne. Les plates-formes relevant de ce vocable connaissent un succès certain. Leur clientèle-type est un individu cherchant par exemple 10.000 euros pour amorcer sa petite entreprise ou son projet personnel et qui, plutôt que de recourir à un prêt, préfère solliciter des dons moyennant une contrepartie indexée sur le montant du don et généralement en rapport avec la nature du projet.
Via l’organisation tout juste créée «Financement Participatif France» les plates-formes de crowdfunding s’intéressent désormais aux prêts. En Grande Bretagne où l’on peut prêter librement, le financement en ligne de pair à pair (peer to peer) représente déjà 2 à 3% des montants alloués par les banques chaque année, comme le fait remarquer Frédéric Baud, de Financement Participatif France. Alors qu’en France, cette voie de développement est nettement plus complexe puisqu’elle nécessite l’obtention d’une licence bancaire. Seule une plate-forme a franchi le pas. Cette limite réglementaire est qualifiée «d’inconsidérée», dans la missive adressée à Michel Barnier.
Les acteurs du crowdfunding demandent donc aux instances européennes «de faciliter l’essor de ce secteur» en officialisant le métier spécifique de «courtier en financement participatif» et en l’assortissant d’une réglementation adaptée. Ce qui permettrait par ailleurs de limiter l’apparition d’acteurs douteux. En France, Frédéric Baud estime que dans un cadre spécifique, les plates-formes pourraient ainsi drainer et injecter 80 millions d’euros dans l’économie. Elles ont de l’appétit.
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