L’idée d’une banque publique d’investissement dans l’industrie française fait son chemin
A l’occasion du «sommet social» qui s’est tenu hier à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a proposé une piste pour «mettre la finance au service de l’industrie». Le chef de l’Etat a plaidé pour une «banque de l’industrie» qui agirait en association avec les banques traditionnelles. Projet aux contours encore bien flous, cette structure viendrait renforcer la solvabilité des PME industrielles en s’appuyant au besoin sur des organismes existants comme Oséo, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) ou la Caisse des dépôts.
«Ça ne sera pas des prêts de trésorerie, mais des apports de quasi-fonds propres», a précisé une source gouvernementale citée par Reuters. Les volumes envisagés n’ont pas été définis à ce stade mais pourraient dépasser le milliard d’euros. Dans les faits, le gouvernement a déjà creusé le sujet en annonçant à l’automne dernier la création du dispositif FSI Régions, un guichet unique qui vient remplacer Avenir Entreprises, filiale commune de la Caisse des dépôts et d’Oséo. Le scénario d’un mariage à trois (Oséo, FSI et CDC Entreprises) reste de son côté illusoire.
Dans l’opposition, en revanche, on imagine l'émergence d’une grande structure multitâche dédiée aux entreprises industrielles. Le projet du parti socialiste pour 2012 évoque la création d’une «banque publique d’investissement» regroupant la filiale entreprises de la Caisse des dépôts, d’Oséo, du FSI, de l’Emprunt national, des structures régionales de capital investissement ou encore des dispositifs d’accompagnement des entreprises de la Banque Postale et de la Banque de France.
Déployée sous forme de fonds régionaux mutualisant les moyens des acteurs locaux (collectivités, pôles de compétitivité...), cette entité, à la fois financeur et investisseur, aura notamment pour tâche de favoriser la constitution d’entreprises de taille intermédiaire via la prise de participations en fonds propres. Les fonds accordés seront conditionnés, par exemple à l’encadrement des dividendes ou à un plan de maintien ou de création d’emplois. En déplacement à Gandrange mardi, le candidat socialiste François Hollande a repris les grandes lignes de cette proposition à son compte, appelant de ses vœux la création d’une banque publique d’investissement abondée en région par les fonds déjà existants.
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