Selon Allianz, le surcroît épargné pendant le confinement atteindra 1.300 milliards d’euros en Europe au deuxième trimestre. Débloquer cette manne sera clé pour le rebond.
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La rédaction
Pendant le confinement, les ménages français auraient économisé 55 milliards de plus, selon une estimation de l’OFCE.
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Un nouvel obstacle se dresse sur la route de la reprise économique : l’excès d'épargne. Empêchés de consommer durant le confinement, et portés à l'épargne de précaution dans les prochains mois, les ménages européens ont commencé à gonfler leur bas de laine dans des proportions problématiques.
Selon les économistes d’Allianz, le taux d'épargne des ménages pourrait s’accroître de 20 points en moyenne dans l’Union européenne au deuxième trimestre, à 36%. Ce qui équivaudrait à un surcroît d'épargne de 1.300 milliards d’euros, ou 10% du produit intérieur brut de la région, à comparer à un bond de «seulement» 100 milliards en 2009 au plus fort de la crise financière. Les experts font l’hypothèse d’un plongeon de 35% de la consommation, mais aussi d’un déclin de 8% à 16% du revenu total des ménages en raison des impacts du confinement sur l’emploi. Une partie de cette somme sera consommée au deuxième semestre. Mais en raison du caractère progressif du déconfinement ainsi que de l'épargne de précaution liée aux craintes des individus pour leur avenir, le taux d'épargne resterait fin 2020 de 6 points supérieur à son niveau d’avant la crise. Il atteindrait alors 21%, ce qui représenterait 300 milliards d’euros d’excédent.
Si elle se maintenait à des niveaux supérieurs à ceux d’avant la crise, l'épargne non consommée risquerait de maintenir l’activité économique sous son potentiel. «L’exploitation de cette épargne sera clé pour la reprise», souligne Ludovic Subran, chef économiste d’Allianz dans un «tweet.» «La consommation complète et donc hypothétique de l’épargne forcée conduirait à réduire les pertes d’activité de 3 points du PIB» français, calculent pour leur part les économistes de l’OFCE.
Pour débloquer ce trésor de guerre, les politiques devront d’abord redonner confiance aux ménages. Allianz suggère par exemple des investissements publics spécifiques (verts, numériques ou R&D). Mais des mesures plus radicales pourraient vite s’imposer dans le débat public. L’OFCE évoquait lundi l’hypothèse d’une taxe sur l'épargne.
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