Les épargnants européens sont pessimistes pour leur avenir
Les épargnants perdent espoir. C’est ce qui ressort d’une étude YouGov publiée hier par la plate-forme d’épargne Raisin, qui a été menée début mars dans les pays européens les touchés par le Covid-19.
«Il y a un pessimisme global. Presque deux tiers des épargnants pensent que leur retraite et leur avenir sont compromis, en raison de la faiblesse persistante des taux d’intérêt. En Allemagne et en Espagne notamment, les Européens souhaitent que les banques centrales et les gouvernements interviennent voire augmentent les taux», explique à L’Agefi Emmanuel Rodriguez, directeur général de Raisin France. Un espoir qui risque de demeurer vain.
Les Espagnols et les Irlandais pensent qu’ils ne seront pas capables d’épargner «suffisamment» pour leur retraite, un sentiment partagé par la moitié des Britanniques et des Allemands et par 63% des Français.
L’étude pointe également un manque de confiance des Européens vis-à-vis des banques, notamment au Royaume-Uni, en Allemagne et en France. «Depuis la crise financière de 2008, les épargnants font face à une baisse de rentabilité des produits d’épargne et des offres des banques», ajoute le dirigeant français.
C’est dans ce contexte de pessimisme que de nouveaux acteurs comme Raisin espèrent tirer leur épingle du jeu. La fintech, qui permet aux épargnants de placer leur épargne dans des banques étrangères, vante l’intérêt des plates-formes transfrontalières. «Si les épargnants restent seulement sur leur marché domestique, ils n’auront accès qu'à une offre réduite, alors qu’ils deviennent plus exigeants», estime Emmanuel Rodriguez. «Là où il faut faire attention, c’est si les épargnants perdent cet intérêt pour épargner, dans ce cas de figure ce n’est pas seulement Raisin qui serait perdant, c’est l’économie entière. Il est important que les ménages en tant qu’acteurs économiques, continuent de croire dans l’utilité à épargner. Sinon, comment se financeraient la société et l'économie de demain ?» ajoute-t-il.
Malgré les sombres conclusions de l’étude, la fintech reste optimiste sur son business model. Depuis le début de la pandémie «d’un point de vue stratégique, rien n’a changé pour nous», confie le dirigeant français. La fintech a accéléré l’intégration de la banque allemande MHB, rachetée en 2019 et renommée depuis Raisin Bank. Elle accélère également son internationalisation, après s’être récemment lancée aux Etats-Unis.
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