L’Europe projette de lancer des contrats à terme pour soutenir la dette paneuropéenne
L’Union européenne (UE) envisage de créer des contrats à terme pour soutenir son programme de dettes paneuropéennes. Après que les 27 Etats se sont entendus en juillet 2020 sur 750 milliards d’euros de financements communs (sous forme de prêts de subventions nommés NextGeneration EU, NGEU) pour organiser la relance post-Covid, la Commission européenne (CE) a lancé en 2021 un programme d’émissions d’environ 800 milliards sur cinq ans.
Mercredi, l’UE a encore émis avec succès 9 milliards au titre de l’instrument NGEU, qui atteint 111 milliards de financements à long terme, dont 23 d’obligations vertes. Il s’agissait de sa neuvième émission syndiquée, la quatrième en 2022, avec un abondement de 3 milliards sur une obligation à 30 ans existante et une première obligation à 3 ans qui lui permet de couvrir désormais tout le spectre des échéances de maturité.
Outre cette offre sur tous sur les points de courbe correspondant à divers horizons d’investissement sur les marchés primaire et secondaire, un autre élément de liquidité porte sur l’existence de contrats à termes et dérivés permettant aux intermédiaires et investisseurs de se couvrir. Contrairement aux dettes de pays comme l’Allemagne, la France et l’Italie, le programme NGEU n’en dispose pas encore. «Nous cherchons des moyens de soutenir un marché secondaire liquide des obligations de l’UE, y compris des fonctionnalités telles que des contrats à terme (futures) et des accords et facilités de mises en pension (repo)», a déclaré à Bloomberg Niall Bohan, directeur de la gestion de la dette à la direction budgétaire de la Commission. Ce serait un signe que l’Europe cherche à tirer parti à plus long terme de ces emprunts conjoints qui ont contribué à renforcer le sentiment d’unité au sortir de la pandémie, mais doivent théoriquement se terminer en 2026. Or les investisseurs cherchent à savoir ce qui pourrait suivre.
Niall Bohan a estimé que l’encours devrait atteindre au moins 50 à 60 milliards d’euros sur les obligations à 10 ans pour permettre un projet viable. En attendant, il juge que des facilités de «repo» aideraient «grandement» à la création de tels contrats. Le marché des mises en pension est très important pour la liquidité des marchés obligataires et monétaires, qu’il contribue à améliorer au travers des titres que les banques centrales et les Trésors peuvent prêter aux acteurs du marché ou apporter en garantie de prêts à court terme.
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