L’Eurogroupe sonne le tocsin sous la pression des agences de notation
Le programme de la conférence téléphonique attendue aujourd’hui à 15h30 heure de Paris rassemblant les ministres des Finances de l’ensemble de l’Union européenne (Eurogroupe Plus), s’annonce chargé. Le temps presse. Au menu de cette réunion de crise figurent les modalités du «pacte» budgétaire, la gouvernance du Mécanisme européen de stabilité (MES) ainsi que le renforcement des ressources du FMI.
Sur ce dernier point central, les membres de la zone euro s’étaient accordés le 9 décembre sur le principe de prêts bilatéraux de 150 milliards d’euros à l’intention du FMI, pour lui permettre d’intervenir face à la crise de la dette. Les Dix-Sept attendaient en outre 50 milliards d’euros de prêts de la part d’autres pays au sein de l’Union européenne, voire en dehors. Les modalités de ces prêts devaient être fixées dans un délai de dix jours.
Quant au MES, fonds de soutien permanent de la zone euro qui doit être opérationnel en juillet prochain, les ministres devraient évoquer l’instauration d’une règle de décision à la majorité qualifiée au lieu de l’unanimité. En parallèle, dans un entretien au Financial Times, le président de la BCE Mario Draghi implorait hier soir les dirigeants politiques à agir rapidement afin de rendre opérationnel le Fonds européen de stabilité financière (FESF), la BCE ne pouvant ignorer les traités en prenant des initiatives. «Il est prématuré et probablement erroné de déclarer que le FESF est mort» a-t-il tenu à indiquer.
Fitch a jugé vendredi qu’une solution globale à la crise était «techniquement et politiquement hors d’atteinte». L’agence a abaissé à négative la perspective sur la note AAA de la France et placé sous surveillance les notes souveraines de six autres pays de la zone euro, à savoir celles de l’Italie, de l’Espagne, de l’Irlande, de la Slovénie, de Chypre, et de la Belgique. La revue pourrait être achevée fin janvier. La note belge a qui plus est, vendredi également, subi une dégradation de deux crans de la part de Moody’s, à Aa3.
Fitch a estimé que les engagements pris en début de mois par le Conseil européen et par la Banque centrale européenne ne sont «pas suffisants pour permettre la mise en place d’un pare-feu financier réellement crédible en vue d'éviter une crise autoréalisatrice de liquidité, voire de solvabilité chez certains Etats de la zone euro non notés AAA».
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer. -
Le piratage d'Arkéa relance le débat sur la supervision européenne des plateformes crypto
Plus de 100 millions d'euros ont été dérobés au Crédit Mutuel Arkéa. Les pirates se sont ensuite servis de plateformes crypto agréées MiCA pour faire disparaître l'argent. -
Franklin Templeton collecte 15 milliards de dollars au troisième trimestre 2026
Les encours sous gestion sont restés stables.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libre« L’écologie peut devenir un levier de souveraineté pharmaceutique pour la France et l’Europe »
La prochaine innovation pharmaceutique pourrait être celle qui permet de produire les molécules existantes avec moins de ressources, estime Claude Grison, directrice de recherche au CNRS, professeure invitée au Collège de France, et membre de l’Académie des sciences -
Itinéraire validé et désobéissance des Gilets jaunes : comment se prépare l'« Acte IV » des manifestations
Malgré le feu vert de la préfecture pour un cortège syndical de République à Nation, les irréductibles de la contestation sociale maintiennent leur défi place de la Concorde -
460 milliards de valorisation évaporés en Bourse : l'empire d’Elon Musk percuté par la victoire des démocrates
Après la vague bleue des démocrates aux midterms, les valeurs technologiques de l’IA ont plongé. Pour Elon Musk, c’est la double peine, lui qui a tant dépensé pour empêcher la victoire des démocrates, en vain