L’Eurogroupe jette les bases d’une mise en œuvre du Mécanisme de stabilité
Les Etats membres volontaires pourraient bénéficier préventivement du fonds de sauvetage.
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Mathieu Solal, à Bruxelles
Mario Centeno, président de l'Eurogroupe, lors de la visioconférence du 24 mars 2020.
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Crédit European Union
Les ministres des finances de la zone euro réunis hier soir en visioconférence se sont accordés autour d’une mise en œuvre du Mécanisme européen de stabilité (MES) en réponse à l’épidémie de coronavirus. Les Etats membres ont apporté «un large soutien» à l’ouverture de lignes de précaution pourles Etats sous pression, selon les mots du président de l’Eurogroupe Mario Centeno.
Les ministres ont ainsi opté pour la ligne de crédit à conditions renforcées (ECCL) prévue dans le MES pour les Etats en difficulté budgétaire. La négociation politique à venir, qui se jouera entre les chefs d’Etat et de gouvernement jeudi, portera sur les conditions d’accès précises aux subsides du fonds de sauvetage permanent de la zone euro, doté de de 410 milliards d’euros disponibles, soit 3,4% du PIB européen prêts à l’emploi. Jusqu’à 2% du PIB des Etats membres pourraient être mobilisés.
Cette mise en œuvre éventuelle du MES apparaît surtout comme une arme de dissuasion contre la spéculation, les Etats membres ayant toujours accès au financement des marchés. Le président de l’Eurogroupe a ainsi évoqué «un nouveau mur de défense européen». «Nous ne pouvons utiliser cet argent qu’une seule fois. Il faut donc garder cette arme dans notre arsenal plutôt que de faire feu prématurément», a pour sa part jugé le ministre hollandais des finances, Wopke Hoekstra.
Les ministres des finances ont également discuté de l’idée de créer des obligations paneuropéennes permettant de répondre spécifiquement à la crise liée au coronavirus, les fameux ‘coronabonds’. Les Etats membres ne sont pas parvenus à un consensus sur ce sujet.
«Aucune solution possible n’a été mise de côté ce soir» a toutefois assuré Mario Centeno. «Le défi que nos économies doivent affronter aujourd’hui n’est en rien similaire à la crise précédente. Il s’agit ici d’un choc externe et symétrique. Les considérations relatives à l’aléa moral ne se justifient pas», a martelé le Portugais, ciblant sans les nommer les craintes de certains Etats membres quant à la mutualisation des risques.
«Un plan de reconstruction européen doit être mis en place et la coordination que nous montrons le rend possible», a pour sa part estimé le commissaire à l’économie, Paolo Gentiloni. «Les ‘orobonds’ font partie des options sur la table. A nous de continuer les discussions et de trouver un consensus», a-t-il conclu.
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