L’Eurogroupe entérine le recours au MES
Les ministres des Finances de la zone euro ont fixé vendredi les conditions du recours au Mécanisme européen de stabilité (MES) pour répondre aux conséquences économiques de la crise sanitaire. Le 9 avril, ils s’étaient accordés quant à l’ouverture de ligne de crédits à conditions renforcées (ECCL) plafonnées pour chaque Etat membre volontaire à 2% de son PIB.
Aux termes de l’accord trouvé vendredi, les prêts octroyés par le MES auront une maturité longue d’une durée moyenne de 10 ans. Leur tarification a été fixée au seuil minimal, avec un taux de marge qui devrait avoisiner les 0,1%. L’aide financière sera disponible jusqu'à fin 2022, une extension étant envisageable sur la base d’une proposition du directeur du MES, Klaus Regling. Les pays bénéficiaires pourront recevoir des fonds pendant douze mois, cette durée pouvant être prolongée deux fois six mois.
Les prêts seront disponibles aux mêmes conditions pour chaque Etat membre de la zone euro et ne donneront lieu à aucun contrôle de la situation budgétaire de l’Etat membre aidé. « La situation économique et financière de la zone euro est fondamentalement saine, la dette de tous et de chacun est soutenable », a expliqué le commissaire à l’économie, Paolo Gentiloni pour justifier cette décision.
« Les Etats membres devront s’engager à utiliser l’instrument pour supporter le financement direct ou indirect des systèmes de santé, des soins et de la prévention en lien avec le COVID 19. Il n’y a pas d’autre condition attachée à l’utilisation de cette facilité », a ajouté le Président de l’Eurogroupe, Mário Centeno.
Concrètement, un Etat membre demandeur devra prouver qu’il a dû engager des dépenses supplémentaires et pourra être financé à la hauteur de ces dépenses. La Commission européenne (CE) prépare une clarification des types de dépenses qui pourront être comptabilisés.
Le MES devrait être disponible dès le 1er juin, comme demandé par le Conseil européen. La date de la mise en place des deux autres mesures d’urgence est quant à elle plus incertaine. L’outil de refinancement des mesures de chômage partiel baptisé « SURE » (100 milliards d’euros) et le programme de financement de la BEI (200 milliards d’euros) pourraient ainsi être reporté à « mi-juin ou fin-juin » selon un diplomate européen, du fait des procédures parlementaires nécessaires à la constitution des garanties d’Etat sur lesquelles seront fondés ces instruments.
L’Eurogroupe se réunira une nouvelle fois en fin de semaine, cette fois-ci pour discuter du plan de relance européen.
Plus d'articles du même thème
-
L'association allemande des fonds de pension rejette la révision d'IORP II et réclame un nouveau texte
L'association estime que le texte menace les structures existantes de retraite professionnelle sans apporter de bénéfice mesurable aux affiliés. -
La France est rappelée à l’ordre par l’Union européenne
Le paquet de printemps du Semestre européen 2026 met la France en face de réalités difficiles et formule des recommandations pour améliorer sa compétitivité et retrouver la maîtrise de ses finances publiques. -
L’Europe dégaine son plan de souveraineté technologique
La Commission européenne a présenté le 3 juin à Bruxelles un ensemble de mesures sur les secteurs des semi-conducteurs, du cloud et de l’intelligence artificielle.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond en mai
- Chez Ardian, une succession au long cours qui n’ose pas dire son nom
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Avec BMW, Airbus et EDF, Mistral AI se déploie dans l’ingénierie industrielle
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
Contenu de nos partenaires
-
ArbitragesJessika Roswall, commissaire européenne à l'Environnement : « Le manque d'eau en Europe doit être une priorité politique »
La commissaire européenne à l'Environnement détaille son calendrier législatif et comment la résilience économique peut se marier avec la protection de l'eau, de la biodiversité et de la santé -
Israël et le Liban conditionnent un cessez-le-feu à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah
Mercredi 3 juin, Israël et le Liban se sont mis d'accord sur une trêve subordonnée à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah et sur la création de « zones pilotes » sous contrôle de l'armée libanaise. Mais le mouvement pro-iranien rejette ces pourparlers et revendique de nouvelles attaques contre Tsahal -
En équilibreLutte contre l'antisémitisme : Aurore Bergé peaufine la nouvelle version de sa loi
Après le retrait d’une première proposition de loi jugée trop clivante, l’exécutif tente de bâtir un cadre plus consensuel. Un mois après les consultations de tous les groupes parlementaires, le texte est en route pour le Conseil d'Etat