Les tensions budgétaires font grimper les rendements italiens
Les rendements des emprunts d’Etat italiens grimpent ce mardi pour la deuxième journée consécutive avec le retour des tensions entre Rome et Bruxelles autour du budget de la péninsule. La Commission européenne pourrait imposer une amende de 3 milliards d’euros à l’Italie pour non respect des règles communautaires en matière d’endettement et de déficit budgétaire structurel, a expliqué le vice-président du Conseil, Matteo Salvini. Le chef de la Ligue (extrême droite), arrivée largement en tête aux élections européennes de dimanche, a ajouté qu’il promettait d’utiliser « toute (son) énergie » pour lutter contre ce qu’il a qualifié de règles budgétaires européennes dépassées.
Les rendements sur les obligations italiennes de différentes maturités ont augmenté de plusieurs points de base ce matin, le taux 10 ans touchant un pic d’une semaine à 2,72%, avec une augmentation de 11 pb depuis lundi, sa plus forte progression sur deux séances depuis janvier.
Pour rappel, la Commission européenne avait ouvert la voie, en novembre, à une procédure visant à sanctionner l’Italie, estimant que « le critère de la dette (...) doit être considéré comme non respecté et (...) une procédure de déficit excessif fondée sur la dette est donc justifiée », avait déclaré le vice-président de l’exécutif communautaire Valdis Dombrovskis. Ne pouvant s’appuyer que sur des chiffres réalisés et non sur des prévisions de déficit élevé que l’Italie avançait alors, la Commission s'était finalement abstenue d’entamer une procédure pour ce motif et avait utilisé le ratio d’endettement sur PIB, de 132% au lieu de 131%, pour lancer une procédure corrective. L’objectif de déficit avait été ramené à 2,4% du PIB pour 2019, mais semble aujourd’hui difficile à tenir.
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