Les tensions avec la Russie découragent les fonds de private equity
Le cycle de sanctions-rétorsions au sujet de l’Ukraine continue de refroidir les velléités des fonds d’investissement occidentaux en Russie. Blackstone aurait ainsi pris la décision d’abandonner son projet d’installation, si l’on en croit le Financial Times.
Une source proche a indiqué au quotidien britannique que la société de gestion – l’un des acteurs majeurs du LBO dans le monde – n’a pas renouvelé les contrats des sociétés de conseil qui travaillaient pour elle en Russie, alors qu’elle ne disposait pas encore de bureau sur place.
La source invoque deux raisons pour expliquer la décision de Blackstone: la difficulté à identifier des investissements, ainsi que la détérioration des relations entre la Russie et le camp occidental. Blackstone nourrissait pourtant des ambitions sur ce vaste marché de 140 millions d’habitants, aux ressources naturelles gigantesques. Son président et co-fondateur Stephen Schwarzman avait rejoint en 2011 le Russian Direct Investment Fund (RDIF), un fonds souverain doté de 10 milliards de dollars. Il avait également recruté l’ancien patron de la banque d’investissement d’ING en Russie, Dimitri Kushaev, en tant que senior advisor (ce qu’il est toujours, selon son profil LinkedIn).
Le RDIF a d’ailleurs connu des défections parmi ses administrateurs étrangers, comme celle de Kurt Björklund, co-directeur général du gestionnaire américain Permira.
Les relations entre la Russie et la communauté internationale des affaires ont toujours été chaotiques. Avant même la crise ukrainienne, de nombreux groupes et investisseurs se sont plaints de la corruption, de l’arbitraire politique pesant sur les affaires et la complexité du système juridico-administratif. Carlyle, autre géant des LBO, n’a pas remis les pieds en Russie depuis 2005. Il avait ouvert un véhicule en 2004 dédié à la Russie, pour finalement abandonner le projet.
Plus récemment, la société de gestion DMC Partners, créée par trois anciens banquiers de Goldman Sachs, a interrompu la collecte de son premier fonds, qui devait atteindre 2 milliards de dollars. Consacré aux marchés émergents (Afrique sub-saharienne, Turquie, Asie du Sud-est, Chine et Russie), le projet a été tué dans l’œuf en raison de la crise irakienne et des sanctions occidentales à l’encontre de la Russie. Ces dernières empêchent purement et simplement certains investisseurs de souscrire au véhicule, qui n’a pu atteindre un seuil minimal.
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