Les stress tests européens ne prévoiront pas un défaut souverain
Fraîchement créée, l’Autorité bancaire européenne (ABE) va jouer sa crédibilité avec les nouveaux stress tests bancaires qu’elle va mener jusqu’en juin. Elle devra faire mieux que son prédécesseur, le CEBS (Comité européen des régulateurs bancaires), qui n’était pas parvenu à identifier les risques sur le secteur bancaire irlandais l’été dernier.
Le scénario de crise de l’ABE est composé de «trois éléments: un ensemble de chocs européens, principalement liés à la poursuite de la crise de la dette souveraine, une baisse de la demande mondiale qui trouverait son origine aux Etats-Unis et une dépréciation du dollar par rapport à toutes les autres devises», rapporte Reuters qui cite le document envoyé aux banques. L’hypothèse serait un recul de 4% du billet vert. Dans le pire scénario établi par le CEBS en 2010, l’euro, le yen et la livre chutaient de 20% par rapport au dollar.
Le produit intérieur brut de la zone euro se contracterait de 0,5% en 2011 et de 0,2% en 2012, rapporte pour sa part le quotidien allemand Handelsblatt, alors que la Commission européenne table actuellement sur une croissance de 1,6% et de 1,8% pour ces deux années. Dans le scénario de juillet dernier, le CEBS avait opté pour une baisse de 0,2% du PIB en 2010 et de 0,6% en 2011.
Dans le scénario de l’ABE, le marché actions chuterait de 15%. Le rendement de la dette à long terme dans la zone euro se tendrait de 75 points de base (pb) et le taux de financement interbancaire à court terme de 125 pb, des hypothèses comparables à celles faites par le CEBS l’été dernier. Parallèlement, le marché immobilier baisserait fortement. Les critères seront publiés le 18 mars.
Critiqués l’été dernier pour ne pas avoir porté sur les portefeuilles bancaires où figurent les obligations souveraines détenues jusqu’à maturité, les stress tests devraient une nouvelle fois faire l’impasse sur ce sujet, d’après le Wall Street Journal. S’ils portaient sur ces portefeuilles, ceci pourrait être interprété comme une possibilité que des obligations d’Etat ne soient pas intégralement remboursées à maturité. Or, l’Union européenne s’est engagée à ce qu’il n’y ait pas de défaut dans la zone euro. Pour l’ABE qui n’entend pas s’opposer à ce principe européen, l’exercice s’annonce difficile puisque, tout en excluant le scénario d’un défaut souverain, elle souhaite assurer sa crédibilité.
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