Les SSII sont incitées à renouer avec une croissance externe plus soutenue

La baisse de l’intensité capitalistique et la moindre croissance organique du secteur stimuleront les fusions et acquisitions, estime Citigroup
Yves-Marc Le Réour

Alors que les grandes sociétés de services informatiques (SSII) ont limité leur activité en matière de fusions et acquisitions au cours des cinq dernières années malgré leur structure de bilan solide, la baisse progressive de l’intensité capitalistique du secteur et le ralentissement de sa croissance organique devraient changer la donne, estiment les analystes de Citigroup dans une étude publiée mercredi.

Ces acteurs sont confrontés à la nécessité de répondre rapidement aux nouveaux besoins exprimés par leurs clients dans les services à la mobilité, l’informatique en nuage («cloud computing») ou les réseaux sociaux. Ces services nécessitent, à l’image des contrats d’externalisation, des investissements industriels moins importants que l’intégration de systèmes. «L’allocation d’une part plus importante de leur trésorerie pour financer le développement de ces nouveaux services via des opérations de croissance externe est cruciale, car elle leur permet de gagner du temps», souligne l’étude. A cela s’ajoute un souci de diversification géographique vers les pays émergents, émanant à la fois des SSII occidentales et de leurs concurrentes indiennes.

Si la croissance interne des SSII européennes et américaines est désormais inférieure à 5%, les indiens Infosys, Wipro, TCS ou HCL ont vu la progression moyenne de leur chiffre d’affaires ralentir à «environ 17% au cours des deux dernières années, contre un rythme de 25% sur la période 2007-2010 et de 35% entre 2002 et 2006». Ces géants du secteur s’adaptent en accélérant l’ouverture de centres de services («delivery centers») en Amérique latine dans le cadre de leur stratégie offshore, mais le risque d’un durcissement des lois sur l’immigration aux Etats-Unis pourrait les inciter à prendre le contrôle direct de sociétés dans ce pays.

Au sein des SSII européennes, Atos et Capgemini devraient être les principaux prédateurs potentiels. La croissance externe devrait ainsi contribuer pour moitié à l’objectif de croissance des revenus d’Atos, fixé à 5% sur la période 2014-2016. Quant à Capgemini, qui a annoncé hier une croissance organique de son chiffre d’affaires limitée à 0,9% l’an dernier (après +1,2% en 2012), il vise une fourchette comprise «entre 2% et 4%» en 2014.

Le PDG Paul Hermelin a précisé que la société pourrait étudier des acquisitions, tout en étant prudent par rapport à l’inflation de certaines valorisations outre-Atlantique.

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