Les «Spac» européennes animent le marché des fusions et acquisitions
Malgré l’accès de déprime des marchés actions depuis un mois, les Spac ont le vent en poupe. Coquilles vides introduites en Bourse dans le but de financer un rachat de société à un horizon donné, les «special purpose acquisition company» multiplient les opérations. Vallares, le véhicule d’investissement dans les matières premières créé par Nathaniel Rothschild et par Tony Hayward, l’ancien patron du pétrolier BP, aurait ainsi décidé de relever à 1,2 milliard de livres le montant des fonds qu’il se propose de lever à Londres pour son IPO. La structure visait à l’origine 1 milliard de livres, mais la forte demande des investisseurs lui aurait permis de boucler son livre d’ordres quatre jours avant la fin programmée de l’opération, selon Bloomberg.
Le modèle de Vallares se nomme Vallar, un véhicule déjà mis sur pied en 2010 par Nathaniel Rothschild. Le fonds avait levé 700 millions de livres et annoncé fin 2010 l’achat de deux actifs miniers en Indonésie. Hasard du calendrier, Vallar a bouclé cette semaine cette opération à 3 milliards de dollars. Une manière d’ouvrir au vendeur, Bumi Resources, les portes du London Stock Exchange, comme souvent avec les Spac, qui permettent à la cible de se coter en Bourse grâce à un procédé s’apparentant à un reverse takeover.
La cinquième acquisition de la semaine en Europe, selon le classement Mergermarket établi pour L’Agefi, est aussi l’œuvre d’une Spac. Horizon Acquisition, la coquille du financier britannique Hugh Osmond, a annoncé le rachat en cash et en titres, pour 855 millions de dollars, du producteur d’énergie américain APR Energy. Ce dernier compte à son tour de table le financier George Soros et l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright. A l’issue de la transaction, les actuels actionnaires de Horizon Acquisition détiendront 59% de la société, qui sera cotée à Londres.
Nées aux Etats-Unis où elles ont gagné le surnom de sociétés «chèque en blanc», les Spac ne sont plus l’apanage du monde anglophone. Wendel vient aussi de profiter du dispositif. Le holding français avait coté en février 2010 à Francfort une coquille, Helikos, sans d’ailleurs faire le plein de souscriptions auprès des investisseurs. La structure a annoncé début juin le rachat d’une société technologique suisse, Exceet, moyennant 110 millions d’euros en numéraire, 3 millions d’actions nouvelles et 9 millions de convertibles.
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