Les rémunérations fixes devraient augmenter dans le capital investissement
Contestées par leurs clients, les sociétés de gestion de capital investissement ne se remettent pas toujours en cause. C’est notamment le cas concernant les rémunérations des gérants. Beaucoup d’investisseurs estiment en effet qu’elles ne dépendent pas assez des performances des fonds gérés par ces professionnels, notamment à cause de la perception de frais de gestion et de transaction jugés disproportionnés.
De telles pratiques – nées de la période phare des LBO entre 2004 et 2008, quand le rapport de force penchait clairement en faveur des fonds – favorisent la rupture de l’alignement d’intérêt entre gérants et investisseurs, auquel ces derniers sont très attachés. Traditionnellement, la principale composante de la rémunération d’un gérant de fonds de capital investissement est constituée d’un intéressement à la plus-value, le fameux carried interest.
L’enquête de Private Equity Intelligence (Preqin) sur les pratiques des firmes de private equity est particulièrement instructive à cet égard. Entre 2011 et 2012, 42% des sociétés interrogées ont maintenu les salaires de base des gérants, 45% les ont même augmentés entre 1% et 10%, tandis qu’ils ont augmenté de plus de 10% pour 13% des firmes. Ce qui implique que 1% seulement ont réduit les salaires fixes... Visiblement, les professionnels ne sont pas près à remettre en cause leur pratique à court terme.
Ainsi, 55% des firmes de capital investissement sondées envisagent d’augmenter jusqu’à 20% les rémunérations fixes de leurs collaborateurs en 2013. Les baisses ne devraient toujours concerner que 1% des acteurs. Il serait intéressant de voir dans quelle mesure cette volonté de maintenir, voire d’accroître, les rémunérations fixes s’articulera avec les rumeurs de baisse des frais de gestion accordées lors de récentes collectes réalisées par quelques très grandes firmes de private equity.
Si cette tendance se généralisait, il est probable que les bonus (qui diffèrent du carried interest dans la mesure où ils ne proviennent pas directement de la performance des fonds gérés mais sont issus du compte de résultat de la société de gestion) seront affectés: 19% des sondés ont déjà réduit les bonus en 2011. Ces derniers constituent en effet un levier important. «Selon la structure des sociétés de gestion, les bonus peuvent représenter entre 50% et le double du salaire fixe», indique un professionnel.
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