Les règles sur les bonus des banques se durcissent au Royaume-Uni
La Banque d’Angleterre a décidé de sortir le grand jeu. Elle vient de dévoiler ce 30 juillet, un nouveau régime destiné à «éradiquer les abus financiers» commis par certains établissements bancaires implantés à Londres. Ainsi la reprise de bonus (clawback), mesure appliquée par exemple à des employés dont la conduite a débouché sur des sanctions pénales, sera allongée jusqu’à sept années contre cinq auparavant. Le versement des bonus différés devra lui aussi être étalé sur un minimum de 5 à 7 ans, selon la position hiérarchique des collaborateurs.
La décision intervient au moment où le conseil d’administration du groupe bancaire Lloyds se prépare à rencontrer le gouvernement britannique afin d’évoquer la possibilité de retenir la rémunération des traders impliqués dans le scandale du Libor et la manipulation d’un autre taux.
L’Autorité de réglementation prudentielle (PRA), qui dépend désormais de la BoE, a ouvert un autre front. Elle préconise d’octroyer la possibilité à la justice britannique d’envoyer en prison les banquiers imprudents avec les règles élémentaires de gestion du risque. La responsabilité pénale personnelle de ces derniers serait donc engagée.
Alors que ces derniers mois, les solutions imaginées par les banques pour contourner les règles de plafonnement des bonus ont fait jaser outre-Manche et au-delà, le régime britannique devient donc l’un des plus sévères en vigueur. Les règles adoptées dans l’Union européenne prévoient par exemple un versement différé de trois à cinq ans. Mais la PRA a fait machine arrière sous la pression du secteur: elle proposait à l’origine un «clawback» pouvant porter sur des bonus versés neuf ans auparavant. Le motif a été restreint aux cas de mauvaise conduite, d’erreur matérielle, ou de faille sévère dans la gestion du risque d’une activité.
Enfin, la nouvelle réglementation entrera en vigueur l’an prochain et s’appliquera aux bonus ayant été versés à partir du 1er janvier 2015, a précisé la banque centrale. Le principe de rétroactivité, un temps envisagé par le régulateur, ne sera donc pas appliqué, les banques ayant fait valoir le casse-tête auquel les exposait la modification des contrats de travail de leurs employés.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose