Les professionnels formulent leurs recommandations pour le passage au taux €STR
Le groupe de travail ad hoc a publié un rapport lundi, et s’inquiète du retard pris par les acteurs du marché.
Publié le
Fabrice Anselmi
Le site de la BCE a publié hier les recommandations sur l'impact de la transition vers le taux €STR.
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Crédit ECB Robert Metsch.
Le groupe de travail sur les taux sans risque en euro a publié, lundi, via le site de la Banque centrale européenne (BCE), un recueil de recommandations sur l’impact de la transition vers le taux €STR du taux interbancaire au jour le jour Eonia, utilisé comme référence dans de nombreux produits dérivés (22.000 milliards d’euros), de créances (4.400 milliards) ou de dépôts (2.000 milliards). Le rapport exhorte les participants du marché à se préparer au changement d’heure de publication de l’Eonia du 2 octobre 2019 au 3 janvier 2022 : pendant cette période de transition, la méthodologie fixée par la BCE et l’European Money Markets Institute (EMMI) prévoit de passer l’Eonia à €STR plus un spread fixe de 8,5 points de base, sachant que le taux €STR sera calculé chaque jour à 8h (CET) en résultat des transactions interbancaires exécutées la veille par 50 banques, et que l’Eonia sera donc publié en T+1 à 9h15 le 2 octobre, au lieu du jour T à 19h la veille.
Les participants de marché doivent faire l’inventaire des transactions affectées afin d’évaluer les modifications nécessaires pour faire face au changement d’horaire, préparer les équipes concernées à une surveillance renforcée au cours de la période de transition, prévoir une communication adaptée sur les changements imminents auprès des clients et parties prenantes, voire ajuster par défaut l’heure de règlement-livraison des contrats et produits dans un certain nombre de cas.
D’ici au 3 janvier 2022, le groupe de travail leur recommande une transition des options à taux variable (FRO) faisant référence à l’Eonia vers des FRO faisant référence au taux €STR, avant la fin de 2021, et l’introduction des modifications nécessaires pour pouvoir émettre, acheter, négocier et gérer de nouveaux titres indexés sur l’€STR, en évitant d’émettre de nouveaux titres indexés sur l’Eonia. Les chambres de compensation centrales devraient, elles, dans la mesure du possible, aligner leur date de changement du régime d’actualisation Eonia (souvent utilisé comme taux de rémunération du collatéral) vers le régime d’actualisation €STR le plus tôt possible, et fixer la date d’activation de leur méthode de compensation (avec ou sans traitement différent selon les contreparties) pour la période de transition, «de préférence vers la fin du deuxième trimestre de 2020».
Nombreuses adaptations
Dans le Financial Times, Steven van Rijswijk, le président du groupe de travail qui avait également publié le 16 juillet un plan d’actions juridiques pour la période de transition, s’est dit «inquiet» du retard des acteurs du marché quand «des millions de contrats doivent être modifiés». Alors que le nouveau système est conçu pour être plus robuste, un manque de préparation pourrait poser des problèmes de valorisation et de reporting : «Cela demande d’adapter les systèmes informatiques et les procédures, d’examiner la documentation et les structures des produits, et d’informer les clients», insiste Antoine Pertriaux, fondateur du bureau Alvae.
Le 17 juillet, l’EMMI avait publié son rapport afin de définir, en tant qu’administrateur de référence agréé par l’Autorité financière et des marchés belge (FSMA) au nom de la réglementation Benchmark (BMR), les mécanismes de gouvernance et de contrôle des nouveaux taux Euribor - la référence interbancaire en euro pour les maturités plus longues (de 1 semaine à 1 an). L’Institut achèvera son processus au quatrième trimestre par la publication d’une nouvelle méthodologie, qui marquera l’entrée en application du nouveau cadre de l’Euribor, conforme à BMR.
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