Les PME se financent toujours, mais la distribution de crédit ralentit fortement

En position d’attente face à la crise, ces entreprises affichent leur prudence en matière d’investissements, selon le médiateur du crédit
Bruno de Roulhac

La crise de la dette souveraine et la révision à la baisse des hypothèses de croissance «n’ont pas encore touché nos profils de dossiers, a déclaré Gérard Rameix, médiateur du crédit aux entreprises, à l’occasion de la présentation du rapport annuel de la médiation. Nous restons pour le moment sur le niveau de dossiers d’avant l’été». Soit environ 300 dossiers par mois, contre 600 en moyenne en 2010.

Le médiateur qui doit s’assurer que les banques maintiennent la croissance du crédit, tout en appliquant les ratios de Bâle 3, juge pour le moment les PME françaises indépendantes «correctement» financées à fin août 2011. Et à fin septembre, la situation de trésorerie des PME demeure «globalement satisfaisante», constate la Banque de France.

Toutefois, la distribution de crédit aux PME indépendantes a fortement ralenti à 2,9% en glissement annuel au mois de septembre, contre 4,6% en juillet. Elle est même en recul de 0,7% en glissement trimestriel, selon les données de la Banque de France. «Les ETI et PME sont dans une position d’attente, poursuit Gérard Rameix. Elles s’inquiètent de ne pas trouver les financements nécessaires, et sont prudentes en matière d’investissements. Mais les financements ne s’arrêtent pas». Si les critères d’octroi de crédit aux PME ont été «légèrement resserrés» en France au troisième trimestre, les taux de crédits au PME demeurent inférieurs de 35 points de base en moyenne à ceux de la zone euro à fin septembre, précise la Banque de France.

Depuis novembre 2008, le taux de réussite des dossiers de médiation acceptés atteint 63%, soit près de 15.000 entreprises, plus de 255.000 emplois, et 3,6 milliards d’euros d’encours débloqués. Ces entreprises restent néanmoins fragiles. Au bout de trois ans, le taux de défaillance atteint 30%, et 50% pour les entreprises dont la médiation a échoué.

«Le marché financier doit être une source active de financement supplémentaire», rappelle Gérard Rameix. Ce dernier, et Thierry Giami, président de l’Observatoire du financement des PME par le marché, doivent dévoiler fin novembre leurs mesures pour améliorer ces financements. La mise en place d’une plate-forme obligataire pour les PME devrait voir le jour, à l’instar de ce qu’ont réalisé certaines places régionales allemandes. Et un fonds de 200 millions, abondé à hauteur de 40 millions par la CDC et le solde par les établissements financiers, devrait enfin être bouclé.

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