Les plates-formes électroniques obligataires bilatérales peinent à trouver leur place
L’avenir des plates-formes électroniques «single dealer» spécialisées dans la dette d’entreprises est-il scellé ? Goldman Sachs aurait en toute discrétion mis un terme au développement de GSessions, révélait hier le Financial Times. Cette décision aurait été prise après l’échec de l’ultime tentative de relance de l’activité de la plate-forme en fin d’année dernière.
Confrontées à des réglementations de plus en plus tâtillonnes et à la nécessité d’automatiser les échanges pour dégager une rentabilité suffisante, plusieurs banques d’investissement – mais également certains gérants d’actifs – ont créé des plates-formes électroniques, à l’instar de ce qui existe de longue date sur les actions: c’est le cas de Morgan Stanley (avec BondPool), UBS (PIN), Goldman Sachs ou encore le gérant BlackRock (Aladdin). Mais leurs outils peinent à s’imposer face à la relation traditionnelle de gré à gré ou à des plates-formes «multi-dealers» où un client peut traiter avec plusieurs intermédiaires de marché.
Selon les chiffres de marché du cabinet de conseil Greenwich Associates, ces plates-formes bilatérales ne détiennent que 1% de parts de marché du trading obligataire corporate.
Les obligations ont des caractéristiques bien plus diverses que les actions. Les volumes unitaires sont plus réduits, d’autant plus s’il ne s’agit que de dette d’entreprises. Elles sont donc moins propices aux échanges électroniques. C’est pourquoi les opérateurs s’activent pour attirer les investisseurs: Euronext et TradingScreen, qui ont respectivement lancé BondMatch et Galaxy, des plates-formes multilatérales, ont proposé l’accès gratuit pendant trois mois au carnet d’ordres.
Les investisseurs se sont montrés réticents à utiliser les plates-formes contrôlées par un établissement unique. MarketAxess, qui domine le marché, repose lui sur un réseau de 94 brokers-dealers. En novembre 2012, il avait acquis le fournisseur de données Xtrakter auprès du spécialiste du post-marché européen Euroclear.
L’échec relatif de Goldman Sachs soulève aussi la question de la confiance des investisseurs envers les banques de marché, fortement écornée depuis la crise financière et la série de scandales qui s’en est suivi. Les clients de GSessions auraient ainsi craint que Goldman Sachs n’utilise les informations recueillies par la plate-forme au profit de ses propres traders et de son activité de tenue de marché.
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