Les pays émergents sont attirés par les cessions d’actifs au Portugal
Contrairement à la Grèce qui peine à réaliser son plan de privatisations, les cessions d’actifs publics au Portugal suscitent l’intérêt marqué des investisseurs étrangers, contribuant à animer le marché des fusions et acquisitions dans ce pays. A cela s’ajoutent plusieurs OPA significatives dans le secteur privé, comme celle du brésilien Camargo Correa en voie de racheter le cimentier Cimpor pour 2,5 milliards d’euros. Selon les chiffres communiqués par Bloomberg, le montant des opérations de fusions et acquisitions s’est élevé à 6,1 milliards au premier trimestre, au plus haut depuis deux ans.
Ce regain d’activité devrait se poursuivre «au moins jusqu’à ce que la vente de la compagnie aérienne TAP et celle du gestionnaire aéroportuaire ANA soient menées à bien», estime Jose Gabriel Chimeno, associé chez Deloitte à Lisbonne. Le secrétaire d’Etat aux finances, Maria Luis Albuquerque, a récemment indiqué avoir reçu «plusieurs marques significatives d’intérêt» sur ces deux dossiers qui devraient être bouclés d’ici à la fin de l’année. CTT-Correios de Portugal, l’opérateur postal du pays, ainsi que l’activité fret de l’opérateur ferroviaire CP-Comboios figurent également sur la liste des cessions d’actifs de l’Etat portugais.
Chine en tête, les pays émergents se sont, dès la fin 2011, mis sur les rangs pour capter une part de ces privatisations qui contribuent au rétablissement des finances publiques et représentent l’une des contreparties aux aides reçues dans le cadre du plan de sauvetage élaboré par l’Union européenne et le FMI. Le gestionnaire de barrages China Three Gorges a par exemple déboursé 2,1 milliards d’euros pour prendre 21% du capital d’EDP-Energias de Portugal, tandis que State Grid International of China, associé à Oman Oil, s’est engagé à racheter 40% du réseau électrique à haute tension REN pour 592 millions.
Outre la valorisation élevée des actifs cédés, ces opérations ont permis d’atteindre dès le mois d’avril 3,3 milliards d’euros de recettes cumulées de privatisations, soit les deux tiers du montant prévu par le plan d’aide. «Les principales transactions ayant eu lieu au cours des 12 derniers mois au Portugal ont concerné des sociétés disposant d’une présence à l’international et des secteurs stratégiques de l’économie auparavant protégés», résume Jose Luis Silva, associé chez KPMG, en estimant que ces facteurs réduisent le risque inhérent à ces investissements.
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