Les opérations de LBO entament une timide reprise
La valorisation de la dette de LBO (leveraged buy-out, acquisition à effet de levier) a suivi le redressement des marchés de crédit depuis plusieurs mois, attestant de l’intérêt de fonds spécialisés pour ce type de produit. Il se pourrait que le marché primaire du LBO imite – timidement – cette tendance.
Le tableau ci-joint témoigne néanmoins des modestes montants des plus grandes transactions, de même que de leur faible renouvellement comparé aux éditions précédentes. Le secteur a connu des jours meilleurs : au premier semestre, le marché européen des LBO a subi un recul de 87 % en valeur (à 11,7 milliards d’euros) et de 61 % en volume (à 344 opérations) par rapport à la même période en 2008, selon Mergermarket. On note malgré tout un redressement entre les premier et deuxième trimestres, puisque les montants progressent de 73 %, passant de 4,3 à 7,4 milliards.
Les opérations de cession ont particulièrement animé le marché, puisque leur montant a doublé d’un trimestre à l’autre (celui des acquisitions stricto sensu ayant progressé de 56 %). Cette tendance est importante dans la mesure où les capital-investisseurs dépendent en partie de leur capacité à vendre les actifs de leurs portefeuilles pour retourner des fonds à leurs investisseurs et lever de nouveaux véhicules. Ce phénomène n’est pas propre au Vieux Continent. Ce mois-ci, KKR et Silverlake sont parvenus à introduire sur le Nasdaq le fabricant de semi-conducteurs Avago, basé à Singapour, à un prix inespéré : les actionnaires sont parvenus à lever 745 millions de dollars, contre les 400 millions initialement visés. Les cours des sociétés introduites par les fonds de private equity aux Etats-Unis depuis le début de l’année ont en moyenne progressé de 38 %. Même si elles sont loin de se concrétiser, les velléités de cotation, outre-Atlantique, mais aussi en Europe, commencent à se faire jour (les cliniques HCA, Toys’R’Us, voire le danois TDC pour KKR par exemple).
S’il s’agit là de noms – et de montants – qui font rêver, on en est encore loin pour le moment. Selon Mergermarket, seules trois opérations initiées au cours du premier semestre ont dépassé les 500 millions d’euros de valeur. En 2008, pourtant année de la crise, on en comptait encore soixante et une.
Plus d'articles du même thème
-
La cour d'appel ouvre la voie à un nouvel épisode du feuilleton Vivendi-Bolloré
La cour d’appel de Paris, cour de renvoi, a apporté la même réponse que l’Autorité des marchés financiers en novembre 2024 au dossier Vivendi-Bolloré, se bornant à une stricte lecture des textes, sans se prononcer sur les possibles lectures du contrôle de fait ouvertes par la Cour de cassation. -
Les prochains jours seront cruciaux pour la restructuration de Casino
Alors que les positions entre les créanciers et le premier actionnaire, Daniel Kretinsky, sont aux antipodes, le conseil d’administration du distributeur doit présenter un plan en espérant que les banques reverront leurs exigences. -
La coentreprise d'Amundi SBI Funds Management s'introduira en Bourse le 21 juillet
Après une première tentative avortée en 2021, la coentreprise de gestion d'actifs d'Amundi et de State Bank of India va ouvrir 10% de son capital via son introduction en Bourse.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les actions coréennes approchent du bear market
- L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
Contenu de nos partenaires
-
Vie de coupleLe Pen-Bardella : le pari d'un ticket inédit
Pour son lancement de campagne, Marine Le Pen vante le « ticket gagnant » qu’elle forme avec Jordan Bardella pour 2027. Une configuration inédite – et dangereuse ? – sous la Ve République -
EntêtementQuoi qu'il en coûte, l'Iran veut garder la maîtrise du détroit d'Ormuz
Le régime iranien a encore visé des navires empruntant le passage stratégique, quitte à déclencher la fureur de Donald Trump -
Prise de risqueGabriel Attal et Edouard Philippe peuvent-ils survivre à la campagne imposée par Marine Le Pen ?
Une candidature avec un bracelet à la cheville ? La leader du RN a pris son risque et savoure ce qu'elle appelle une « renaissance ». Elle promet de libérer le pays. Autant de mots qui ont fait l'identité politique des macronistes. Mais ont-ils la capacité de réagir ?