Les marchés trébuchent en Turquie après des élections indécises
Les marchés s’inquiètent d’une possible victoire de Recep Tayyip Erdogan, l’actuel président de la Turquie à l'élection présidentielle dont le premier tour s’est tenu dimanche 14 mai. En réaction à la publication de résultats lui étant favorables, la monnaie locale reculait à 19,64 livres pour un dollar lundi. Le CDS (credit default swap) turc à cinq ans, qui donne une indication du risque pays, bondit de près de 110 points de base (pb), à 612 pb, selon les données de Bloomberg.
La Bourse d’Istanbul a chuté de 6,38% en préouverture juste avant que les échanges ne soient temporairement suspendus par l’opérateur de marché. Vers 13h, l’indice Borsa Istanbul 100 reculait de 2,6%.
Un second tour aura lieu le 28 mai en Turquie alors que Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis deux décennies, était crédité d’un score au premier tour plus important qu’anticipé mais insuffisant pour l’emporter dès dimanche soir face à son rival. Pour l’emporter, il devait avoir obtenu 50% et une voix.
Après dépouillement de près de 97% des bulletins, le président sortant était crédité de 49,39% des suffrages, contre 44,92% pour Kemal Kiliçdaroglu, le candidat unique de six mouvements d’opposition, selon les résultats préliminaires rapportés par l’agence de presse officielle Anadolu.
La commission électorale nationale plaçait le président sortant en tête avec 49,49% des voix après le dépouillement de 91,93% des bulletins.
Baisses à venir
«C’est une grande déception pour les investisseurs qui espèraient une victoire du candidat de l’opposition Kilicdaroglu et le retour à une politique économique orthodoxe», a déclaré Hasnain Malik, responsable de la recherche actions chez Tellimer.
JPMorgan estime que la livre turque pourrait continuer à baisser jusqu’à 24-25 livres pour un dollar. Goldman Sachs avait indiqué dans une note ces derniers jours que ses calculs montraient que le marché prévoyait un affaiblissement de la livre de 50% au cours des douze prochains mois, y compris une forte dévaluation après les élections.
(Avec Reuters)
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