Les marchés restent indécis face au risque de la Grèce
Les négociations des ministres européens des finances sur un second plan de soutien à la Grèce tâtonnent sur fond de tensions sociales. C’est une solution en deux temps qui semble se dessiner avec un accord qui pourrait aboutir dimanche et lundi à Luxembourg visant à débloquer immédiatement la prochaine tranche de 12 milliards d’euros de prêts. Cela permettrait ensuite d’obtenir un délai d’au moins trois semaines pour adopter une position commune sur la participation du secteur privé. D’autant que l’Allemagne aurait assoupli sa position concernant l’ampleur de la participation des créanciers privés au plan de sauvetage après que le FMI soit finalement enclin à verser sa part de l’aide, indique le Financial Times.
En Grèce, la tension est vive. Après avoir évoqué une démission, le Premier ministre grec Georges Papandreou a annoncé hier soir la formation d’un nouveau gouvernement. Un vote de confiance sera demandé au Parlement afin de faire adopter le plan d’austérité de 28 milliards d’euros sur 2011-2015, alors que le déficit budgétaire a dérapé à 10,275 milliards d’euros sur les cinq premiers mois de 2011 contre un objectif de 9,072 milliards. Et l’austérité suscite le mécontentement de la population, touchée par un chômage de 16,2% et trois années de récession.
Au Portugal, à peine a-t-il été nommé Premier ministre que Pedro Passos Coelho avertissait que le pays fera face à deux « années terribles » de récession et de chômage avec un retour à la croissance possible seulement si le pays suit « un programme d’austérité rigoureux et des réformes structurelles ». Et l’Irlande d’alerter sur un renforcement des coupes budgétaires afin de garder le soutien de ses partenaires et du FMI.
Les tensions politiques dans les PIGS laissent les marchés indécis. Le taux 2 ans grec a augmenté de 160 points de base à 28,22%, et le taux 10 ans à 18,01%. Le niveau des CDS estime la probabilité d’un défaut à 75%, contre 45% en début d’année. Il en coûte 1,725 million par an pour garantir 10 millions de dette. Parallèlement, l’euro montre une certaine résistance face au dollar. Sous les 1,43, Natixis rappelle que «dans un passé récent, il avait tendance à corriger plus fortement alors que les risques étaient moins élevés». Selon les données CFTC, les comptes spéculatifs ont augmenté leurs positions longues d’euro la semaine dernière, témoignant de la confiance du marché dans la résolution rapide de la crise grecque.
Plus d'articles du même thème
-
Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Payée en numéraire, cette acquisition qui dépasse 20 milliards d’euros risque de peser sur la structure de bilan de l’équipementier électrique français. -
Le risque France se propage aux obligations d’entreprises
L’immunité pour le marché du crédit est terminée. Celui-ci s’écarte à son tour, affecté par la volatilité sur les taux. Les émetteurs français sous-performent alors que le spread entre la France et l’Allemagne a atteint un plus haut de près de quinze ans même si les groupes internationaux peuvent jouer les actifs refuges. -
Le gouvernement s’attaque aux avoirs en déshérence
Un prélèvement de 17 % sera appliqué de manière réversible sur les fonds en déshérence récupérés par la Caisse des dépôts et des consignations, qu’ils soient placés en assurance vie ou sur les comptes bancaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Qui est Jay Clayton, le nouveau « tsar » de l’IA aux Etats-Unis ?
Nommé par Donald Trump pour piloter la Super Intelligence Force, le directeur du renseignement national hérite d'un domaine stratégique sans posséder d'expertise technique -
StratégieViolences, risques de récupération… : comment les syndicats veulent contourner les pièges du mouvement des lycéens
Face à la fronde des lycées, les organisations syndicales tentent d'encadrer la mobilisation prévue mardi à Paris, prudentes face au risque d'être accusée de faire de la récupération -
Têtes brûléesBlocage des lycées : la colère sans mode d'emploi
Après deux semaines de blocus lycéens, organisations lycéennes, étudiantes et syndicales manifestent ce mardi 6 octobre. Une tentative de structurer un mouvement jusqu'ici gazeux, souvent violent, et insaisissable pour le gouvernement