Les marchés matures à l’aube d’une vague de scissions d’entreprises
Généralement, les candidats à une acquisition ont l’habitude de répéter que «1+1=3». Mais pour la recherche de SG CIB, l’équation pourrait être tout autre dans les mois à venir. Après le cycle de fusions-acquisitions (M&A) observé jusqu’en 2007, SG CIB attend désormais «un vaste cycle de scissions sur 2010-2012». Du moins dans les pays développés.
L’équipe de recherche note d’emblée que les M&A passés n’ont pas toujours tenu leurs promesses. De surcroît, dans des secteurs où la consolidation est déjà élevée et où les marges de restructurations sont faibles, il paraît difficile d’envisager une poursuite des rapprochements pour dégager de la croissance et de la rentabilité. Certes, il reste un potentiel en allant investir les marchés émergents. Mais il faudra bien pour cela que les acquéreurs se donnent des marges de manœuvre financières. D’où l’intérêt de se séparer de certains actifs.
Parallèlement, dans un contexte de sortie de crise, SG CIB souligne que l’accent va devoir être remis sur la création de valeur. Or, «nous pensons que les groupes les plus performants seront ceux qui se concentreront sur leur cœur de métier», poursuit la banque.
En d’autres termes, la nouvelle équation pourrait être: «2=1+1 (+1), le (+1) reflétant la prime obtenue grâce à une meilleure lisibilité de l’activité recentrée». Pour appuyer son propos, la banque donne deux statistiques. La première montre qu’aux Etats-Unis, les activités scindées entre 1996 et 2007 surperformaient en moyenne de 15% le S&P 500 au bout de 300 jours. De même les «spin off» de 2008 ont dépassé en moyenne de 20% leur secteur au bout de 250 jours.
Plusieurs groupes ont déjà sauté le pas: Accor, GDF Suez-Suez Environnement, Time Warner AOL, PPR-CFAO… Mais d’après SG CIB, il y aurait encore dans les entreprises «entre 5% et 30% d’actifs à céder ou à scinder». Naturellement, les candidats se trouvent dans les secteurs où les acteurs restent très diversifiés en termes d’activités: biens d’équipement, équipements télécom, mines, banques…
En se basant sur quatre critères (degré de diversification, rentabilité, sous-performance, existence d’actifs périphériques), la banque a établi une liste de vingt-sept noms parmi lesquels se retrouvent EADS, Saint-Gobain, PPR, Carrefour, ArcelorMittal, Vivendi, Alcatel, Ericsson, Deutsche Telekom ou encore Commerzbank et RBS.
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