Les marchés hésitent après les législatives françaises
La nouvelle Assemblée nationale française laisse les investisseurs perplexes. Après des élections marquées par une forte participation, ni le Nouveau Front populaire, ni le Rassemblement national, n’ont obtenu de majorité absolue à l’Assemblée, qui leur aurait permis d’appliquer leur programme. Selon les décomptes du Monde, le premier a obtenu 182 députés contre 143 pour le second. De son côté, le parti du président de la République Emmanuel Macron, jugé pro-marché, s’en sort mieux que prévu avec 168 sièges.
L’ambiance n’est pas pour autant à l’euphorie car la composition de la nouvelle Assemblée nationale, coupée en trois blocs de tailles proches, rend très compliquée la construction d’une majorité capable de mettre en œuvre des réformes. «La paralysie politique pour les 12 prochains mois semble être l’issue la plus probable», note l’analyste de Deutsche Bank, Jim Reid, dans sa note matinale.
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Pour les analystes d’UBS, «une Assemblée sans majorité est probablement la meilleure issue pour les actions» mais «les marchés devraient encore intégrer une certaine prime de risque politique par rapport à il y a un mois et, si rebond du marché il y a, il devrait être de très courte durée dans la mesure où les investisseurs étrangers continueront probablement de considérer le contexte politique en Europe comme incertain».
Les spécialistes de la banque suisse jugent par ailleurs les obligations souveraines françaises peu attrayantes dans ce contexte. «Au regard du ratio d’endettement élevé et en hausse, du déficit budgétaire conséquent et du coût de financement croissant, le crédit souverain français présente des perspectives fondamentalement baissières», estiment-ils. Les analystes redoutent en outre une volatilité élevée, notamment durant l'été alors que la liquidité est limitée. «Tout signe de conflit potentiel avec la Commission européenne pourrait provoquer une hausse des rendements», préviennent-ils.
Le CAC 40 termine en baisse
Dans cette situation, les marchés se sont montrés ambivalents lundi. Après avoir légèrement reculé en début de journée, le taux de l’obligation souveraine française (OAT) à dix ans a gagné jusqu'à 4 points de base, à 3,25%, avant de se replier de nouveau. En fin de journée il ressortait à 3,17%, au plus bas depuis le 26 juin dernier. L’écart avec le rendement allemand s’est légèrement resserré, à 65 pb, alors que le Bund restait globalement stable. Il demeure nettement supérieur à ses niveaux pré-dissolution, mais loin des plus de 80 pb touchés mi-juin.
De son côté, l’euro est également resté hésitant, reculant assez nettement après l’annonce des résultats des législatives avant de se reprendre. Vers 17h30, il valait 1,083 dollar, en très léger repli par rapport à vendredi.
La Bourse de Paris a ouvert en repli de 0,6% avant de rapidement basculer dans le vert. Mais après avoir gagné jusqu'à 0,9%, le CAC 40 est retombé en terrain négatif en fin de séance pour clôturer sur une baisse de 0,63%. Il avait rebondi de 2,6% la semaine dernière mais perd encore 4,6% depuis le 7 juin dernier. L’Euro Stoxx 50 et le Dax ont peu réagi, le premier abandonnant 0,16% pendant que le second terminait à l'équilibre.
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