Les investisseurs internationaux se ruent sur la dette des pays africains
La Côte d’Ivoire a réussi hier son retour sur les marchés financiers internationaux. Le pays, où se rend d’ailleurs aujourd’hui le Président français François Hollande, a émis une obligation à 10 ans de 750 millions de dollars, contre un objectif initial de 500 millions. Le rendement de l’obligation s’élève à 5,625% pour un coupon annuel de 5,375%.
L’opération, sous la baguette de BNP Paribas, Citigroup et Deutsche Bank, a suscité une demande de quelque 4,75 milliards de dollars de la part de 200 investisseurs environ. Le placement a été finalement consenti pour moitié auprès d’investisseurs américains, aux côtés d’investisseurs britanniques pour 39%, et européens pour 9%.
Il s’agit de la première émission de la Côte d’Ivoire depuis les dramatiques événements de 2010-2011 ayant entraîné un défaut partiel du pays sur 2,3 milliards de dollars de sa dette. Ministre ivoirienne de l’Economie et des Finances, Nialé Kaba n’a pas manqué de se féliciter du «formidable intérêt manifesté par la communauté financière internationale», qui salue ainsi sa «grande confiance» dans «les perspectives de croissance et de prospérité de notre économie». De fait, la croissance du PIB ivoirien pourrait bien atteindre 8,2% cette année selon le FMI.
La manœuvre bouclée avec succès par le géant du café et du cacao confirme l’appétit des investisseurs pour la dette des pays africains. Pour le patron de Spiro Sovereign Strategy, Nicholas Spiro, le fait qu’un pays puisse séduire les investisseurs quelques années seulement après avoir fait défaut met même en lumière un sentiment «exagérément optimiste». La Côte d’Ivoire a en tout cas franchi le pas juste après le Kenya, qui a levé 1,5 milliard de dollars le mois dernier, tandis que selon Bloomberg, qui cite une source proche de l’opération, l’Afrique du Sud pourrait concrétiser dès aujourd’hui une double émission à 12 et 30 ans. Le Sénégal de son côté prépare une émission benchmark en dollar à destination des investisseurs américains et européens. Citigroup, à nouveau, Standard Chartered et la Société Générale dirigeraient la manœuvre selon Bloomberg.
Responsable des marchés de la dette chez Citigroup pour la zone Europe de l’Est et Centrale, Moyen-Orient et Afrique, Nicholas Samara avance que «les marchés vont être porteurs pour les émetteurs au cours des prochains mois et je m’attends à voir de nombreux Etats africains en tirer profit afin de financer des projets spécifiques et soutenir davantage la croissance».
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