Les investisseurs chinois se sont détournés de l’Europe
Les mesures d’autorisation préalable renforcées en Europe et le contrôle plus strict des capitaux en Chine ont eu un effet marqué sur le niveau des investissements des groupes chinois en Europe. Selon une étude réalisée par le bureau allemand d’EY, seulement 81 acquisitions ou prises de participation par des acheteurs chinois ont été enregistrées en Europe au premier semestre 2019, soit 28% de moins qu'à la même période de l’année dernière, et deux de moins qu’au second semestre 2018. Au premier semestre 2016, EY avait recensé un record de 176 opérations.
Les transactions de taille importante ont été faibles. Résultat : le volume des investissements a chuté de 84%, passant de 15,3 milliards à seulement 2,4 milliards de dollars.
Réglementation durcie en Allemagne
La chute est particulièrement marquée en Allemagne. Le nombre d’acquisitions et d’investissements est passé de 25 à 11 par rapport à la même période l’an dernier et le volume des investissements s’est effondré de 10,1 milliards à 500 millions. Depuis l’achat contesté en 2017 de Kuka par le chinois Midea, les autorités allemandes ont durci la réglementation en matière d’investissements étrangers, incitant les acheteurs chinois à se détourner de ce marché, sur lequel ils venaient chercher du savoir-faire industriel.
En nombre d’opérations, l’Allemagne reste toutefois le premier pays visé par les investisseurs chinois, devant l’Italie et la France, ex-aequo avec sept opérations au premier semestre. En valeur, la Suède prend la tête du classement grâce à l’investissement d’Evergrande au capital du fabricant suédois de véhicules électriques Nevs pour 930 millions de dollars.
Selon les experts d’EY, «la principale raison de la réticence des investisseurs chinois est la situation du marché intérieur chinois : la situation économique en Chine est difficile, très incertaine, notamment en raison du conflit commercial sino-américain ; en outre, certaines des sociétés chinoises qui étaient très actives sur le marché européen des fusions et acquisitions dans le passé intègrent actuellement les sociétés acquises ou les revendent». De nouvelles acquisitions ne sont donc pas à l’ordre du jour pour l’instant pour ces sociétés, ajoute EY qui voit dans le rythme d’investissements actuel une forme de niveau plancher.
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