Berlin veut durcir son pouvoir de contrôle sur les intérêts étrangers
Le gouvernement allemand réfléchit à abaisser de 25% à 15% le niveau de capital à partir duquel l’Etat peut examiner un investissement étranger.
Publié le
Olivier Pinaud
Porte de Brandebourg à Berlin en Allemagne.
-
Photo UE European Commission.
L’Allemagne va renforcer son pouvoir de contrôle des investissements étrangers dans les entreprises allemandes. Peter Altmaier, le ministre fédéral de l'Économie, a indiqué hier au journal Die Welt que le gouvernement travaille à une réforme de l’ordonnance sur le commerce extérieur et les paiements afin de permettre à l’Etat d’examiner toute acquisition menée par des intérêts non communautaires dès lors que l’opération dépasse 15% du capital de l’entreprise allemande visée. Actuellement, l’Etat ne peut se saisir d’un dossier qu'à partir d’un seuil de 25%.
«Nous voulons abaisser ce seuil afin de pouvoir examiner davantage de cas dans des secteurs économiques sensibles», a expliqué le ministre, citant «la défense, les infrastructures critiques ou certaines autres technologies civiles liées à la sécurité, comme la sécurité informatique». Fin juillet, l’Etat allemand, via KfW, a acquis 20% du capital de la holding contrôlant le groupe de réseau électrique 50 Hertz, part qui était visée de longue date par le chinois State Grid. Ce bloc étant inférieur à 25%, l’Etat n’aurait pas été en mesure de s’opposer à la transaction.
La proposition de modification de l’ordonnance sur le commerce extérieur et les paiements est en cours d’adoption avec la participation des autres ministères concernés. Son vote pourrait avoir lieu avant la fin de cette année. Cette ordonnance avait déjà été renforcée l’an dernier, afin de donner quatre mois à l’Etat pour étudier un dossier, contre deux mois auparavant.
Les déclarations de Peter Altmaier interviennent quelques jours seulement après que le gouvernement eut opposé son veto au projet d’acquisition de Leifeld Metal Spinning par le chinois Yantai Taihai. Ce dernier avait retiré sa proposition. Mais craignant qu’il ne revienne à la charge dans le futur, le gouvernement allemand a préféré interdire l’opération, par précaution, Leifeld travaillant notamment pour l’industrie nucléaire.
Si les cas Leifeld, Kuka ou bien encore Aixtron, sont emblématiques des visées des investisseurs chinois sur l’industrie allemande, le gouvernement s’inquiète surtout d’une prise de contrôle plus discrète, visant des sociétés plus petites. En 2017, selon une étude de l’Institut der deutschen Wirtschaft, les investisseurs chinois ont engagé 12,1 milliards d’euros dans des entreprises allemandes, douze fois plus que huit ans auparavant.
La banque italienne détient désormais directement et indirectement près de 39% du capital de sa concurrente allemande dont les dirigeants viennent officiellement de rejeter l’offre d’achat.
Le géant français de la publicité s'offre une société américaine spécialisée dans le partage de données entre entreprises pour 2,2 milliards de dollars. L'opération devrait porter son profit par action dès la première année.
Le site de vente en ligne invoque des doutes sur le financement de l'opération. Ryan Cohen, PDG de GameStop, n'exclut pas de passer en force en s'adressant directement aux actionnaires d'eBay.
S’exposer aux marchés américains ou spéculer contre l’économie tout en bénéficiant d’un avantage fiscal. Voilà la promesse faite depuis quelques années par les principaux fournisseurs d’ETF.
Gabriel Attal et Edouard Philippe se rejoignent sur un point : il faut dénicher des figures neuves pour tourner la page d'une décennie de macronisme. Même s'ils ne parient pas sur la même méthode
Candidat potentiel mais pas candidat déclaré, le Garde des Sceaux avance ses positions sur l'immigration pour peser dans le débat de l'élection présidentielle
Electeurs et candidats sont suspendus à ce paradoxe inédit : la qualification du RN au second tour tient de la quasi-certitude alors que l'identité de son candidat reste inconnue