Les investisseurs asiatiques valorisent Ceva à 1,6 milliard d’euros
L’activité continue d’être intense autour des sociétés françaises sous LBO. Hier, l’une des plus grosses opérations attendues de l’année s’est débouclée: Ceva Santé Animale a recomposé son tour de table en accueillant à son capital deux investisseurs asiatiques, dans une opération qui valorise l’entreprise à 1,6 milliard d’euros – soit 13,3 fois son Ebitda 2013.
Si les dirigeants du neuvième laboratoire vétérinaire mondial (accompagnés par plus de 1.000 salariés et d’anciens cadres) demeurent majoritaires, le fonds souverain de Singapour Temasek devient le principal actionnaire minoritaire. Le chinois CDH Investments fait son entrée dans le capital de Ceva, avec quelques pourcents.
Présent depuis 2010, le canadien Sagard Private Equity Partners double sa participation à environ 13%, en investissant 100 millions d’euros – une somme qui correspond au montant engagé il y a quatre ans, mais dont il n’a in fine déployé que la moitié. Euromezzanine reste également actionnaire avec une participation proche de celle de son homologue. Enfin, Nixen (filiale de Natixis) sort.
Les dirigeants de Ceva avaient entamé leur réflexion sur l’évolution de leur société en juin 2013 et avaient mandaté Lazard pour les aider dans cette voie. Ils en ont également profité pour réaliser un refinancement ambitieux en mars dernier.
Selon une source impliquée dans le processus, ils hésitaient entre deux pistes: s’allier avec un grand fonds international ou privilégier une forme de continuité. Au terme de nombreuses discussions bilatérales (au cours desquelles KKR, CVC, BC Partners, Warburg Pincus et Hellman & Friedman, notamment, ont été contactés), la deuxième solution a été retenue. «La première solution aurait impliqué d’importantes concessions en terme de gouvernance pour les dirigeants», explique une source proche du dossier. La même réflexion a prévalu la semaine dernière à l’occasion du MBO sur Sermeta, qui a vu son fondateur reprendre la main.
Par ailleurs, les dirigeants entendaient accueillir des investisseurs asiatiques susceptibles d’épauler le développement de Ceva sur ce continent, où le potentiel est considéré comme gigantesque. La société ne réalise par exemple que quelques dizaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires en Chine, sur les 700 millions qu’elle a affichés en 2013. Déjà numéro trois mondial du vaccin sur le poulet, elle compte dupliquer son succès dans la biologie du porc et entrer sur le marché du poisson.
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