Les introductions en Bourse abordent 2018 à plein régime
Dans la foulée du record mondial de 2017, la faible volatilité et les valorisations élevées militent pour une bonne cuvée, y compris en France.
Publié le
Olivier Pinaud
Cette année, 2,4 milliards d’euros ont été placés via des IPO à Paris.
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Photo RK.
Avec 1.700 opérations dans le monde en 2017, les introductions en Bourse n’avaient jamais connu une telle activité. Si le rebond des Etats-Unis et le record chinois expliquent en grande partie cette affluence, l’Europe n’est pas en reste avec une hausse de 40% des cotations. La France fait bonne figure, avec une IPO de plus de 1 milliard d’euros (ALD) et deux supérieures à 500 millions (Carmila et SMCP). Au total, 2,4 milliards d’euros ont été placés en 2017 via des IPO à Paris, Euronext Growth (ex-Alternext) compris, soit plus que la moyenne depuis 2007 calculée par Dealogic (1,95 milliard), et trois fois plus que les volumes de 2016, année qui avait été chahutée par le référendum sur le Brexit et les élections présidentielles américaines.
Sauf brusque changement d’état d’esprit des investisseurs, 2018 s’annonce tout aussi riche. «Les moteurs sont là», est persuadé Alexis Le Touzé, coresponsable de l’ECM pour la France à la Société Générale. «Compte tenu de la très faible volatilité sur les marchés, ou avec des pics extrêmement concentrés et limités, le risque d’exécution des IPO s’est considérablement réduit ces derniers mois», explique-t-il. De quoi conforter les vendeurs à lancer une telle opération, même si une cession pure et simple constitue une voie plus sûre et plus rapide.
«Les fonds de private equity disposent de bons candidats dans leurs portefeuilles et les valorisations sont intéressantes», appuie Alexis Le Touzé. Equistone et le Fonds avenir automobile géré par Bpifrance devraient ainsi relancer assez rapidement l’IPO de Novares, mis en veille en novembre pour une question technique. Autres candidats pressentis à la Bourse : Verallia, contrôlé par Apollo, IHS et Constantia Flexibles, toutes deux chez Wendel. Pour Alain Afflelou, la Bourse reste une solution, mais la concurrence de la vente sur internet et les doutes sur le remboursement des lunettes ont fragilisé le modèle.
Second moteur attendu : la mise en Bourse par des industriels d’une activité «pour la mettre en valeur ou la monétiser», ajoute Alexis Le Touzé. L’un des grands dossiers de l’année en Europe sera l’IPO de Siemens Healthineers, la division de technologies médicales du conglomérat allemand.
Enfin, si le gouvernement a prévu de vendre des actifs pour financer l’innovation, l’essentiel des opérations consistera à des cessions de participations. La Française des Jeux fait toutefois partie des candidats potentiels à une IPO.
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