Les indices de confiance sont au plus bas
Mercredi, l’indice de confiance des ménages français a continué à baisser pour le septième mois consécutif en juillet, à un niveau de 80 points après 82 en juin, très au-dessous de sa moyenne de longue période de 100 points. «La part des ménages qui considèrent que le niveau de vie en France s’est amélioré au cours des douze derniers mois diminue de nouveau», constate l’Insee à propos d’un autre indice dont le solde perd également 5 points (-81). L’Institut avait déjà publié mardi des indices de conjoncture assez mauvais pour l’activité prévue dans les travaux publics (-23), l’artisanat (-4), les demandes de logements (-23), les perspectives de mises en chantier (-11)… De quoi confirmer un climat des affaires détérioré le 21 juillet dans le commerce de détail (86 points), mais pas autant dans les services (107), ni même l’industrie (106) alors que l’indice PMI manufacturier «flash» est finalement ressorti en contraction vendredi (49,6) pour juillet.
A l’échelle européenne, la menace des coupures de gaz a eu un effet terrible sur le climat des affaires en Allemagne (indice ifo), qui s’est fortement dégradé, à 88,6 en juillet après 92,2 en juin, soit un plus bas depuis juin 2020, avec des perspectives encore pires (80,3). Ce qui est en phase avec les indices PMI. Tous sont ressortis en contraction outre-Rhin (48 pour le composite, 49,2 pour les services et pour l’industrie), et en zone euro (hors services).
Enfin, tous les indicateurs de confiance ont chuté depuis un mois aux Etats-Unis : à 95,7 points et un plus bas d’un an et demi mardi pour l’indice Conference Board auprès des ménages américains ; à -22,6 pour l’indice général d’activité au Texas de la Fed de Dallas ; à -12,3 pour l’indice d’activité dans la région de la Fed de Philadelphie (Philly Fed) publié jeudi… Seule l’activité manufacturière dans la région de New York a enregistré une hausse inattendue avec l’indice Empire State, remonté à +11,1 le 15 juillet après -1,2 en juin, mais avec une baisse à -6,2 pour les perspectives d’activité à six mois, également à cause des craintes liées à l’inflation.
Les marchés actions loin du creux ?
Dans ce panorama pour le moins morose des deux côtés de l’Atlantique, les analystes relèvent la bonne tenue générale du marché du travail, tout en sachant qu’il constitue souvent un indicateur retardé du cycle. Et ils sont partagés sur l’expression de la possible récession à venir, qui serait plutôt «soft» selon eux, sur les marchés actions. «L’histoire récente du S&P 500 montre que les reculs boursiers, entre le pic et le creux, atteignent 35% en périodes de récession (d’en moyenne quatorze mois) et 19% hors périodes de récession (déclenchés par des événements spécifiques), explique Christian Abuide, directeur Asset Allocation chez Lombard Odier. L’actuel recul de 17% sur sept mois indique que le marché actions est partagé quant à la probabilité de récession.» Si celle-ci se matérialisait, les marchés pourraient perdre encore 10% à 15%. Un raisonnement en phase avec tous ceux qui annonçaient le S&P 500 à 3.500 points ou au-dessous dans les prochains mois. Un «atterrissage en douceur» pourrait en revanche engendrer une hausse de 10% depuis les niveaux actuels selon le gérant.
Il relève que la durée des reculs boursiers est assez hétérogène : plus de deux ans en 2000 malgré une récession peu sévère, un an et demi en 1973 et 1980 pour des crises bien plus marquées, moins de deux mois en 2020, etc. L’un des facteurs déterminants de l’amplitude est bien l’occurrence ou non d’une récession – marquée par exemple par un recul des PMI autour de 30 points : «De notre point de vue, nous sommes actuellement dans un marché baissier cyclique sans déséquilibres de grande envergure, poursuit Christian Abuide. La perte maximale moyenne dans une telle configuration est de 29% sur une durée médiane de 21,6 mois.» Sachant que les prochaines hausses de taux devraient prolonger la période, potentiellement jusqu’à une récession modérée en 2023. Toujours selon lui, une partie des baisses de bénéfices serait déjà intégrée dans des valorisations qui ont beaucoup diminué mais depuis un niveau très élevé. Les estimations de croissance des bénéfices du consensus, toujours à 10% pour 2022, semblent pourtant surestimées : les prévisions que communiquent actuellement les dirigeants d’entreprises à la faveur de la saison des publications semestrielles des comptes seront cruciales pour un éventuel réajustement des cours.
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