Les fonds de LBO contraints de conserver leurs participations en portefeuille
Diminution de la valeur des sociétés en portefeuille, difficultés à lever des capitaux…: telle est la nouvelle donne infligée par la crise à l’industrie du LBO. A cela s’ajoute l’impossibilité pour les fonds de céder leurs participations, face à l’absence des sorties en Bourse et des cessions financières et à la faiblesse des sorties industrielles. «Les fonds doivent faire face à un allongement des horizons de sortie, qui ont été peu nombreuses sur le second semestre 2008. On peut imaginer que l’année 2009 sera identique», a relevé à l’occasion d’un point presse Pierre de Fouquet, président de l’Afic (Association française des investisseurs en capital).
Pour autant, selon le président, «cela n’a rien de dramatique. S’il y a un décalage d’un ou deux ans dans les sorties, cela aura un impact sur le TRI, mais il ne s’agit pas d’un problème structurel». Alors que le taux de rotation moyen est de quatre à cinq ans au sein d’un portefeuille, «on a assisté à une forte accélération au cours des dernières années. Nous allons dès lors revenir à cette moyenne sur le long terme», estime Pierre de Fouquet. Et ce dernier de souligner que «si les valorisations des sociétés diminuent, les entreprises en portefeuille vont continuer à croître».
En termes d’opérations, «on assiste à l’arrivée de solutions tripartites avec l’entrée d’un nouvel investisseur qui est mieux placé pour renégocier la dette et qui doit traiter avec l’actionnaire car en France la maîtrise de la dette ne permet pas d’accéder automatiquement au capital», relève Maurice Lantourne, avocat en charge de la restructuration chez Willkie Farr & Gallagher. Dans le cas de Converteam, LBO France a pris un tiers du capital de l’ex-filiale d’Alstom. Barclays Private Equity et le management, tous deux déjà actionnaires, ont pour leur part injecté respectivement 300 et 500 millions d’euros pour en détenir chacun un tiers.
Dans le contexte actuel, les fonds travaillent davantage sur leur portefeuille en se focalisant sur la croissance externe. Les opérations de build-up devenant un axe stratégique pour les acteurs du LBO.
«L’activité LBO va rester faible en 2009, en raison notamment d’un réel manque de visibilité concernant les business plans des entreprises. L’industrie va passer la crise mais sera transformée, avec une réduction forte des leviers et la fin des opérations éclair», estime Maurice Lantourne.
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