Les Etats-Unis resserrent leurs frontières technologiques avec la Chine
L’initiative ne va pas contribuer à apaiser les tensions économiques avec la Chine. Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, doit dévoiler vendredi une série de mesures permettant de limiter les investissements chinois dans des technologies jugées stratégiques pour la sécurité économique et nationale des Etats-Unis. Selon le Wall Street Journal, qui a révélé le projet, ces nouvelles règles empêcheraient toute entreprise dont au moins un quart du capital est détenu par des actionnaires chinois d’acheter des sociétés américaines disposant d’une «technologie industrielle importante». En parallèle, le Conseil de sécurité nationale et le département du Commerce élaborent un plan visant à empêcher que ces technologies ne soient délocalisées vers la Chine, grâce à un renfort des contrôles à l’exportation. Plusieurs secteurs sont visés, notamment les véhicules électriques, la robotique ou l’aérospatial. «Toutes les possibilités qui permettraient de mieux protéger la technologie américaine, y compris les changements potentiels aux contrôles à l’exportation, sont à l'étude», a déclaré le secrétaire au Commerce Wilbur Ross.
Avec leurs outils actuels, comme le Committee on Foreign Investment in the US (CFIUS), les Etats-Unis ont déjà la possibilité de contrôler et de stopper les investissements étrangers sur leur territoire. Et ils ne s’en privent pas. En mars dernier, Donald Trump a signé un décret pour bloquer l’acquisition de Qualcomm par Broadcom, visant les intérêts indirects de la Chine dans l’opération.
Mais, les nouvelles règles permettraient d’aller un cran plus loin en supprimant la distinction entre les entreprises appartenant directement ou indirectement à l’Etat chinois et les sociétés privées. Selon l’administration américaine, le gouvernement chinois exerce une influence importante sur toutes les entreprises de son pays, y compris celles privées. L’usage de ces petites entreprises ou de fonds d’investissement permettrait d’échapper à la surveillance du CFIUS, redoute l’administration.
Ce durcissement ne fait pas l’unanimité dans les milieux d’affaires. Des lobbys représentant l’industrie ont exprimé ces derniers mois leur crainte que le renforcement des contrôles à l’exportation se retourne contre les sociétés américaines à l’étranger. Selon le Wall Street Journal, le projet préparé par le Trésor sera soumis à consultation.
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