Les Etats-Unis ont enregistré une baisse surprise de l’emploi privé en novembre
Selon le rapport ADP, le pays a détruit 32.000 postes le mois dernier alors que les économistes anticipaient 40.000 créations. Les marchés réagissent modérément.
L'emploi américain montre des signes de faiblesse
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Les investisseurs n’attendaient visiblement pas de miracle des chiffres de l’emploi américain. En dépit d’une performance plus mauvaise qu’anticipé, les marchés sont relativement atones mercredi après-midi.
Les entreprises du secteur privé aux Etats-Unis ont détruit 32.000 emplois le mois dernier, selon le rapport publié mercredi par Automatic Data Processing, ou ADP, et Moody’s Analytics, alors que les économistes interrogés par le Wall Street Journal tablaient sur la création de 40.000 postes. Le chiffre pour octobre a par ailleurs été révisé à la hausse, de 42.000 à 47.000 créations de postes.
Ces données étaient d’autant plus attendues par les investisseurs que les chiffres sur l’emploi du département du Travail pour le mois de novembre, qui auraient initialement dû être publiés vendredi prochain, ne seront révélés que le 16 décembre en raison de la fermeture qui a touché les administrations américaines au cœur de l’automne.
Vers une baisse des taux
En Europe, la Bourse de Paris a perdu environ 0,15% après l’annonce de ces chiffres à 14h15 et l’Euro Stoxx 50 s’est affaissé d’environ 0,2%, les deux indices ayant ensuite clôturé la séance en hausse de 0,15%. Aux Etats-Unis, le taux souverain à dix ans a perdu moins d’un point de base avant de rebondir, à 4,06%, alors que la probabilité de voir la banque centrale américaine réduire ses taux dans une semaine est stable, à 88%, selon l’outil FedWatch de CME Group. A Wall Street, le S&P 500 et le Nasdaq 100 ont gagné respectivement 0,3% et 0,2%.
«Le rapport ADP montre que la dynamique de l’emploi est complètement à l’arrêt depuis six mois aux Etats-Unis. Cette publication, qui est le meilleur baromètre du marché du travail en l’absence des rapports sur l’emploi d’octobre et novembre (shutdown), rend encore plus probable une baisse de taux de la Fed le 10 décembre… mais aussi la poursuite du cycle de baisses sur les mois suivants», a réagi Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPRAM. Il note que le chiffre de -32.000 est «le plus mauvais depuis près de trois ans» alors, qu’en moyenne sur trois mois, «les créations d’emplois dans le secteur privé sont désormais négatives, ce qui n’était pas arrivé depuis le pire de la crise covid en 2020".
Le spécialiste observe par ailleurs un nouveau ralentissement des salaires, qui ont progressé en novembre au rythme le plus faible depuis 2021.
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L’inflation a légèrement augmenté en zone euro en juillet, moins rapidement que dans l’Hexagone. Dans les deux cas, la hausse des prix est notable dans les services - en parallèle du rebond des prix dans l’énergie - ce qui devrait renforcer les arguments en faveur d’une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre.
La croissance des moteurs que sont l’investissement et la consommation reste soutenue. Sans relancer l’inflation sous-jacente en juin, au vu des indices liés aux dépenses PCE également publiés jeudi. De quoi faire patienter les marchés et envisager un nouveau statu quo de la Fed en septembre.
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