Les entreprises allemandes en France affichent leur confiance dans l’avenir
Principaux investisseurs en France, avec 3.000 entreprises et 325.000 emplois, les groupes allemands devraient continuer à soutenir l’économie française. En effet, ils se disent satisfaits de leur activité en France à 89%, contre 81% en 2020 et 66% en 2016. Un record pour la huitième édition de l’enquête bisannuelle du cabinet EY et de la Chambre franco-allemande de commerce et d’industrie sur les entreprises allemandes en France réalisée cet été.
« Un niveau surprenant, reconnaît Brigitte Barouky, associée d’EY. Le bond du taux de satisfaction de 2018 s’expliquait par les perspectives de réformes structurantes annoncées par le gouvernement en matière de fiscalité et de droit du travail. En 2020, dans un contexte de crise des gilets jaunes, grèves, et pandémie Covid, la réactivité des mesures de soutien du gouvernement à la crise sanitaire, la capacité des entreprises à se réorganiser et la solidité du couple France-Allemagne avaient été saluées ». Les investissements allemands concernent cependant à 90% des extensions et seulement 10% de nouveaux projets. « La frilosité pour de nouvelles implantations s’explique par une fiscalité jugée élevée, un droit du travail et un cadre réglementaire jugés encore trop rigides, observe EY. Néanmoins, les entreprises allemandes saluent la qualité des infrastructures, de la main d’œuvre et de l’innovation ».
Ces sociétés peuvent être satisfaites. 84% ont a minima retrouvé leur niveau d’activité d’avant crise, et près de la moitié l’a déjà dépassé de plus de 5%. Signe de leur confiance, seulement un répondant sur deux estime que la guerre en Ukraine aura des conséquences durables et négatives sur le climat mondial des affaires à moyen terme.
D’ailleurs, si 53% des entreprises allemandes en France prévoient une année 2023 difficile, 58% affichent leur optimisme à 2 à 4 ans, pour seulement 2% clairement pessimistes pour leur activité. « Les chefs d’entreprise ont appris à s’adapter et à gérer l’incertitude après l’expérience de la pandémie, se sachant soutenus par des mesures gouvernementales, confie Brigitte Barouky. Toutefois, ils s’inquiètent aujourd’hui du niveau d’endettement record de la France. »
Mouvement attendu de relocalisation en Europe
Dans un environnement frappé par la multiplication des événements adverses : crise géopolitique, crise énergétique, inflation, pénurie de matières premières, difficultés des chaînes d’approvisionnement…, l’autonomie en matière alimentaire, énergétique et de santé est indispensable. Ce qui nécessite une relocalisation partielle des productions en Europe. Toutefois, il faudra au moins cinq ans pour voir des relocalisations importantes se concrétiser, tempère l’étude. « Contrairement aux années précédentes, au regard des divergences actuelles, le couple franco-allemand et son rôle moteur au niveau de l’Europe n’est plus mis en avant, constate EY. Les investisseurs allemands préfèrent s’appuyer sur l’Europe, notamment pour produire près de leurs consommateurs ».
Ces entreprises allemandes installées en France demandent plus aux autorités françaises en matière de climat. Plus des deux tiers des sociétés interrogées considèrent que les actions menées par la France en matière de développement durable ne sont pas suffisantes, contre 38% d’insatisfaits en 2020. D’un côté, elles attendent des avancées sur la décarbonation, le nucléaire et les énergies renouvelables. De l’autre, elles estiment que les choix énergétiques français ont un coût exorbitant. « Cette priorité climat nécessitera un accompagnement du gouvernement français au regard du coût de transformation des entreprises, notamment dans l’automobile, poursuit Brigitte Barouky. Plus largement, les entrepreneurs allemands attendent l’adoption de règles communes au niveau européen ».
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