Les entreprises affichent leur confiance face à l’inflation
La hausse des coûtset les pénuries dans la chaîne d’approvisionnementauraient pu tourner au cauchemar pour les entreprises au troisième trimestre. Mais la saison de publication des résultats a encore dépassé les attentes, permettant aux marchés actions de continuer leur quête des sommets.
Sans surprise, l’inflation a été l’un des thèmes les plus discutés par les dirigeants lors de la présentation des comptes trimestriels. Près de 300 entreprises du S&P 500 l’ont mentionné dans leur publication. Cette tendance, visible depuis le début de l’année, s’est accélérée pour atteindre un plus haut depuis cinq ans.
«Les problèmes de disponibilité de la main-d'œuvre et les pressions sur les coûts ne montrent aucun signe de ralentissement dans un avenir proche», relève Binky Chadha, responsable de la stratégie chez Deutsche Bank. Ce dernier a passé en revue les publications de 130 entreprises du S&P 500.
Niveau élevé des marges
«Les entreprises sont cependant très confiantes dans leur capacité à augmenter les prix et pour la plupart ce n’est pas une question de savoir si elles le feront mais quand elles bénéficieront de prix plus élevés», poursuit le stratégiste. Le niveau élevé des marges, revenues à leur plus haut d’avant la crise, et la forte demande, facilitent la tâche.
Le déséquilibre actuel entre une forte demande et une offre affectée par les pénuries d’approvisionnement aide ce pricing power. Cette situation est particulièrement visible dans le secteur automobile. General Motors constate ainsi «une forte demande des clients pour les produits et un inventaire limité des concessionnaires, ce qui entraîne des prix de transaction élevés». Dans les produits de grande consommation, Procter & Gamble compte sur «les prix pour contribuer davantage à la croissance des ventes au cours des prochains trimestres».
«La forte demande, malgré la hausse des prix, a rendu les entreprises plus sûres d’elles», constate Binky Chadha. Cette confiance prolonge le sentiment positif des entreprises déjà visible lors des précédents trimestres. «En plus de la forte demande, les entreprises s’attendent à bénéficier d’une augmentation des commandes en attente et de faibles niveaux de stocks», note le stratégiste, alors que les problèmes d’approvisionnement ont empêché la plupart des entreprises de servir toute la demande. Mais le signe sans doute le plus évident de cette confiance retrouvée est la volonté des entreprises d’investir davantage.
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