Les enquêtes IHS Markit offrent un tableau mitigé de la croissance manufacturière en Europe
Les résultats des enquêtes IHS Markit, définitifs pour certains pays, publiés ce mercredi, dans le secteur manufacturier pour juillet offrent un tableau contrasté de l’activité parmi les principaux pays européens.
En Allemagne le secteur manufacturier a vu sa croissance s’accélérer en juillet, à la faveur d’une hausse de la production et de solides nouvelles commandes. L’indice PMI du secteur, qui représente environ 20% de l'économie allemande, est remonté à 56,9, retrouvant son niveau de mai, après 55,9 en juin, chiffre qui avait constitué un creux de 18 mois.
Même si l’indice est légèrement inférieur à l’estimation «flash» de 57,3, il reste néanmoins bien supérieur à la barre de 50 qui distingue croissance et contraction de l’activité.
En France, la croissance de l’activité dans le secteur manufacturier est repartie en juillet après son ralentissement de juin, mois où elle était tombée à son plus faible niveau depuis février 2017, et ce malgré une baisse des commandes à l’exportation. Le mois dernier, l’indice PMI synthétique du secteur manufacturier s’est établi à 53,3, un niveau supérieur à sa première estimation «flash» de 53,1 publiée le 24 juillet , contre 52,5 en juin.
Il se maintient pour le 22ème mois consécutif au-dessus du seuil de 50. Malgré son rebond, il reste nettement en-deçà des plus hauts de plus de 17 ans touchés fin 2017.
Par rapport à juin, le rythme de croissance de la production et des nouvelles commandes est lui aussi reparti en hausse, à l’exception des commandes à l’export, qui enregistrent leur premier recul depuis 22 mois, les économistes de Markit y voyant une conséquence des tensions commerciales internationales du moment.
Dans le même temps, les entreprises du secteur manufacturier ont continué de renforcer leurs effectifs le mois dernier, et ce au rythme le plus élevé depuis janvier. Elles sont plus optimistes qu’en juin sur la croissance de leur activité pour l’année à venir.
En Grande-Bretagne, la croissance du secteur manufacturier dans la zone euro s’est légèrement accélérée en juillet mais elle reste limitée en raison des inquiétudes concernant auss bien les tensions commerciales mondiales que la hausse des prix. Après avoir reculé pendant six mois de suite, l’indice PMI IHS Markit est remonté à 55,1, conformément à sa version «flash», contre 54,9 en juin, niveau qui avait représenté un creux de 18 mois et 55,5 en mai.
En Italie, en Espagne et aux Pays-Bas, la croissance de l’activité manufacturière a fléchi.
En Italie, l’indice Markit/ADACI PMI est ressorti à 51,1, un creux depuis octobre 2016, contre 53,3 le mois dernier et 52,7 en mai. Après son pic de sept ans de 59,0 enregistré en janvier, l’indice se rapproche de la barre des 50.
En Espagne, l’indice Markit est ressorti le mois dernier à 52,9 contre 53,4 en juin comme en mai. Il se situe néanmoins toujours au-dessus de la barre des 50 et ce depuis novembre 2013.
Depuis 2013, l'économie espagnole est sortie du marasme plus rapidement que le reste de l’Europe, mais son rythme de croissance a ralenti et devrait être à 2,7% cette année, après avoir été à 3% ou plus au cours des trois dernières années.
Enfin aux Pays-Bas, la croissance de l’activité manufacturière aux Pays-Bas est tombée à son rythme le plus lent en 14 mois, en raison à la fois d’un ralentissement notable de la hausse de la production et des nouvelles commandes et de l’augmentation des prix décidée par les entreprises en réaction à la hausse du coût des matières premières.
L’indice PMI Nevi est ainsi revenu à 58,0, contre 60,1 en juin, reculant ainsi pour le cinquième mois d’affilée. «Le secteur manufacturier néerlandais a ralenti de manière notable en juillet tout en continuant d’afficher dans son ensemble une croissance solide», déclare Trevor Balchin, économiste chez Markit.
Plus d'articles du même thème
-
Les économistes tentent de faire bouger les lignes des banques centrales
Le Forum de Sintra 2026 était organisé de manière à ne pas trop aborder les évolutions des politiques monétaires. Malgré cette volonté de la Banque centrale européenne (BCE) de rester discrète sur ce sujet, les débats en coulisses sont régulièrement revenus dessus. -
La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
L’étude économique de l’OCDE décrit un développement économique remarquable en trois décennies mais recommande des ajustements de fiscalité, davantage d’investissement dans l’éducation et un rééquilibrage territorial. -
L'activité du secteur privé se stabilise en zone euro, pas en France
L'indice PMI composite de la zone monétaire est tout juste à l'équilibre en juin. Il s'améliore moins que prévu dans l'Hexagone et demeure dans la zone de contraction.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Audace« Un grand bond en avant » : le plan de la Corée du Sud dans la course de l'IA
Refusant d'être les spectateurs de la prochaine révolution industrielle, l'Etat et les grandes entreprises du pays se sont entendus pour créer un pôle entièrement dédié à l'intelligence artificielle -
Tribune libre« La loi anti-fast fashion marque l’entrée de nos économies dans l’ère des limites »
La loi anti-fast fashion reste perfectible, notamment sur son périmètre et sa mise en œuvre. Mais sa portée dépasse son contenu juridique, juge Elisabeth Denner, associée chez BearingPoint -
IdentitésCeux qui veulent que la France ne meure pas
De Gaulle avait compris qu'un chef d'Etat ne dirige pas une tribu contre une autre. Il rassemble, ou il n'est rien