Les emprunts d’Etat indexés sur le PIB renforceraient la stabilité financière
Le G20 l’a évoqué, le sujet a fait l’objet d’études académique initiées par des banques centrales, mais le dossier n’avance pas. L’intérêt de mettre en place des obligations souveraines indexées sur le PIB serait pourtant majeur, affirme le CEPII (Centre d'études prospectives et d’informations internationales) dans une étude récemment publiée.
Il le serait pour les Etats, qui pourraient voir leur service de la dette réduit en cas de récession, ce qui laisserait des marges de manœuvre pour soutenir leurs économies. Pour les investisseurs, aussi, qui auraient droit à une surrémunération dans les périodes d’euphorie économique et connaîtraient par avance le manque à gagner dans le cas contraire. Ils éviteraient d’être confrontés à de nombreuses crises de la dette, puisque ces obligations permettent de les éviter. C’est là le bénéfice majeur apporté par les «GDP-linked bonds», affirme le CEPII : leur rôle contracyclique – à l’inverse de la dette traditionnelle, qui fait effet boule de neige en cas de récession. Une fonction contra-cyclique renforçant la stabilité du système financier.
«En cas de forte récession, ces titres indexés sur le PIB contribueraient à réduire le risque de défaut des Etats emprunteurs, des risques très coûteux», affirme l’auteur de l’étude, Christophe Destais. «S’ils étaient bien répartis dans les portefeuilles financiers, ces produits pourraient contribuer à un partage du risque au niveau international».
Bien sûr, relève le CEPII, des difficultés techniques existent. La question de l’indicateur retenu – ce serait le PIB nominal – ne pose pas trop de difficultés. Celle du traitement par les agences de notation et par les superviseurs est également posée. De même que celle du refinancement : les investisseurs seraient-ils prêts à jouer le jeu dans les phases les plus basses du cycle? Une question économique se pose, aussi, dans ces périodes de récession : la baisse des rémunérations dont bénéficient en bout de chaîne les épargnants particuliers aurait au contraire un rôle procyclique, en accentuant la diminution des revenus des ménages. Le FMI entrevoit même l’hypothèse de systèmes bancaires incapables d’absorber le choc de la baisse des rémunérations sur ces titres, et que les Etats devraient in fine renflouer.
Mais le CEPII estime qu’au total, cette innovation serait très bénéfique au système financier, dans un contexte d’endettement majeur des Etats. «Cela justifierait une initiative politique, permettant de développer rapidement un marché assez large», estime Christophe Destais.
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