Les courtiers actions ont vu leurs commissions fondre de 29% cette année

Ces commissions sont tombées à 865 millions d’euros, les flux d’ordres ayant reculé de 27%, selon une étude réalisée par le cabinet Tabb
Virginie Deneuville

Alors que les volumes sur les marchés actions ont fortement chuté dans le sillage de la crise européenne, les courtiers en font logiquement les frais. Les commissions touchées par les brokers actions en Europe ont ainsi reculé de 29% cette année, s’établissant à 865 millions d’euros, contre un montant cumulé de 1,2 milliard d’euros sur 2011, selon une étude réalisée par le cabinet de conseil Tabb. Sur cette période, les flux d’ordres ont chuté de 27%.

Dans le cadre de la quatrième édition de cette étude annuelle, reposant sur un panel de soixante courtiers issus de sociétés de gestion ou de hedge funds interrogés entre août et octobre 2012 et représentant quelque 14.000 milliards d’euros d’actifs, 45% des sondés ont indiqué avoir réduit le pourcentage d’ordres à destination des bureaux de courtage traditionnels. Deux tiers d’entre eux se sont reportés sur du courtage algorithmique.

Parallèlement, le mouvement de séparation entre le conseil et l’exécution se poursuit, selon l’étude. L’achat de recherche est actuellement réalisé à hauteur de 70% via des commissions de services partagées (CSA), avec plus de 40% issus de fournisseurs de recherche indépendants.

«En l’absence de volumes dans un futur proche, les courtiers vont devoir générer des revenus de manière plus efficace, avec des effectifs réduits et des ressources limitées. La combinaison d’une aggravation de la crise économique, d’un accroissement de la réglementation et de volumes en chute libre intensifie le besoin d’actions immédiates sur des modèles d’activité devenus obsolètes», déclare Rebecca Healey, auteur de l’étude, à l’agence Bloomberg.

Dans ce contexte, plusieurs établissements financiers ont été contraints de réduire la voilure dans leurs activités de courtage et de fermer certaines divisions. La banque italienne UniCredit a ainsi fermé son pôle dédié aux actions de la zone Europe occidentale en 2011, rejoignant dans ce mouvement des sociétés telles que Nomura. Crédit Agricole est sorti du courtage actions cette année en cédant Cheuvreux et CLSA.

Selon l’étude réalisée par Tabb, les courtiers européens se partageant le peloton de tête en 2012, en termes de volumes moyens quotidiens, sont les banques helvétiques Credit Suisse et UBS, les américaines Morgan Stanley et Bank of America ainsi que Deutsche Bank.

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