Les cours du pétrole plongent à nouveau sur fond de craintes pour la demande
Les pays de l’Opep se réuniront le 17 septembre pour examiner la situation.
Publié le
Fabrice Anselmi
Aramco a annoncé réduire les prix de vente officiels de son brut léger arabe pour octobre.
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crédit Aramco.
Les cours du pétrole ont accentué mardi leur chute initiée au début du mois : -7% à 36,31 dollars le baril pour le contrat Octobre 2020 sur le brut WTI ; -6% à 39,46 dollars pour le Novembre 2020 sur le Brent. Ces contrats étaient pourtant restés presque tout le mois d’août autour de 42-43 et 45-46 dollars le baril, aidés par un dollar affaibli jusqu’à la semaine dernière.
Le pétrole américain a d’abord subi un peu plus de pression que le benchmark européen, avec les inquiétudes autour de la demande après la fin des déplacements estivaux et avec une nouvelle augmentation des cas de coronavirus. L’approche de la saison de maintenance pour les raffineries américaines a pu également jouer - elle pourrait réduire provisoirement la demande de 1,5 à 2 millions de barils/jour (mbj).
Le Brent a aussi chuté lundi après que l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole via la société Aramco, a annoncé qu’elle réduisait les prix de vente officiels de son brut léger (par une amélioration de la qualité relative) pour octobre : les marchés ont pris cela comme un nouveau signe de ralentissement de la croissance de la demande, alors que les cas de Covid-19 remontent un peu partout dans le monde.
«La demande va peut-être ralentir sa reprise, mais, à moins d’un reconfinement de certains pays comme l’Inde, nous ne la voyons pas redescendre aux niveaux d’avril, estime Giovanni Staunovo, analyste chez UBS Global Wealth Management. Nous anticipons même un retour de la demande autour de 93 mbj en moyenne sur 2020 (contre moins de 80 mbj en avril), car tous les facteurs de demande se reprennent, à part le trafic aérien international et en Europe. Le télétravail est compensé par un moindre usage des transports en commun au profit des véhicules individuels. Et la reprise progressive de l’économie, en réduisant les stocks, relance le transport maritime de marchandises.»
Du côté de l’offre, l’Irak aurait souhaité être exemptée des réductions de production négociées par les pays partenaires de l’Opep+ pour 2021, alors que ces derniers (sauf le Mexique) étaient tombés d’accord le 10 avril sur une coupe de 9,7 mbj entre mai et juillet, puis de 7,7 mbj d’août à décembre, avant une réduction d’environ 5,7 mbj l’an prochain. «Contrairement aux fois précédentes, tous les pays s’y tiennent, ou proposent de compenser par une baisse accrue les mois qui suivent, mais l’Irak souhaiterait un délai supplémentaire», comprend Giovanni Staunovo. Les pays producteurs tiendront une réunion technique le 17 septembre.
Portés par l’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran et le regain d’euphorie sur l’IA, les marchés actions sont au plus haut, tandis que la réduction des craintes de stagflation a soutenu les marchés de taux. Le pétrole a chuté de près de 20%.
Le PDG du pétrolier, Patrick Pouyanné, s’attend à ce que le prix du baril demeure durablement élevé en raison de cette crise qui devrait en outre inciter les Etats à renforcer leurs capacités en matière d'énergies renouvelables. Un domaine où le groupe français est également actif, contrairement à la plupart de ses pairs.
Le cours du Brent poursuit son repli vendredi et pourrait terminer la semaine sur une baisse supérieure à 10% alors que la perspective d’une amélioration de la situation au Moyen-Orient prend de l’épaisseur.
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