Les BFI européennes perdent des parts de marché
Le décrochage est net. «Les banques américaines gagnent des parts de marché dans les opérations de banque d’investissement à la fois en Europe et dans les marchés émergents, au détriment des banques européennes», déclarent Roland Berger et Nomura dans leur première étude conjointe sur la banque de financement et d’investissement (BFI).
En fusions-acquisitions et marchés primaires (actions et dette), les Européens ont tout juste maintenu leur part de marché aux Etats-Unis (à 21% en 2012), mais ils ont reculé à domicile, en s’arrogeant les deux tiers des opérations européennes contre les trois quarts en 2011. Dans les pays émergents aussi, leur poids relatif a diminué de 50% à 40%, alors que ces régions ont concentré 42% de l’activité des BFI en 2012, contre seulement 28% en 2006.
«Les banques européennes risquent de passer à côté de la croissance des pays émergents et de perdre l’un des facteurs de leur succès, à savoir l’intimité avec les clients et l’accès aux marchés locaux et régionaux en Europe, qu’elles avaient traditionnellement réussi à convertir en revenus et perspectives de ventes croisées», affirment le cabinet de conseil et la banque japonaise. La crise de la zone euro n’est pas seule en cause. «En Europe, les banques attendent que la poussière retombe après les évolutions réglementaires », tranche l’étude, en allusion à la réduction de voilure imposée par Bâle 3.
La plupart des acteurs, notamment français, assurent pourtant s’être convertis à l’originate to distribute, en transférant des prêts de leur bilan vers des investisseurs institutionnels. Mais «nous pensons que la désintermédiation est proche de son potentiel maximum en Europe, estiment les auteurs de l’étude. A la fois en termes de demande: les investisseurs ont de l’appétit mais beaucoup d’entreprises sont encore réticentes à s’exposer à l’examen des marchés obligataires. Et en terme de demande: certaines banques continentales européennes s’intéressent de nouveau à des opérations -profitables- de prêts ou financements structurés».
A court terme, les réductions de coûts devraient tout de même permettre d’améliorer les résultats en 2013 et de ramener les rendements de fonds propres des banques européennes à un niveau proche, voire supérieur au coût du capital.
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