Les banques se montrent moins frileuses pour financer les LBO
Après l’acquisition de Pets at Home par KKR mercredi, une autre transaction vient soutenir la thèse d’un retour progressif des opérations de LBO en Europe. Duke Street a annoncé hier la cession de Xafinity, l’ex-activité de conseil et d’administration d’épargne salariale de Hogg Robinson (détenu par le fonds Permira) à son homologue Advent International pour 190 millions de livres (215 millions d’euros).
Elément rassurant pour la profession, l’opération a permis à Duke Street de réaliser une plus-value importante: il avait acquis Xafinity en 2005 pour 115 millions de livres. Le prix représente 4 fois l’Ebitda, comme en 2005, alors que ce dernier a progressé de 75 % entretemps. Ce mois-ci, Duke Street avait déjà cédé Simple à… 11 fois son Ebitda.
Si le montant n’est pas exceptionnel, la dette représente 110 millions de livres, soit un ratio de 58%, rarement observé sur des opérations de cette taille depuis deux ans. En outre, le montage lui-même annonce que les banques sont aujourd’hui prêtes à prendre des risques mesurés. La dette senior de 83 millions a été structurée en trois tranches, deux d’entre elles sont donc remboursables in fine. Et une mezzanine importante a été montée, qui représente 25% de la structure.
Toutefois, les marges bancaires actuelles n’ont plus rien à voir avec celles qui étaient pratiquées pendant la bulle. «Les marges des différentes tranches seniors sur les LBO se situent entre 425 et 550 points de base (pb) au-dessus du taux de référence, environ 200 pb de plus qu’il y a trois ans. Celles de la mezzanine tournent autour des 1.200 pb, soit 200 à 300 pb de plus», indique un professionnel. Le cas de Xafinity ne devrait pas être bien différent, même si les chiffres n’ont pas été confirmés.
En outre, des sept institutions ayant apporté la dette, trois connaissent Xafinity pour avoir financé l’opération de 2005: Calyon, RBS et Babson Capital (apporteur de dette senior et mezzanine). Elles ont été rejointes par Barclays (dans le rôle d’agent), Lloyds, Bank of Ireland et le «mezzaneur» Ares Management. Il est révélateur que RBS soit toujours un prêteur actif dans les LBO, elle qui en 2009 jurait ses grands dieux qu’on ne l’y reprendrait plus.
Le processus de vente a été organisé par Lexicon Partners, assisté par Blackstone pour les prétendants non-européens (indien et américain). Close Brothers conseillait Advent.
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