Les banques se bousculent pour organiser les introductions en Bourse
Si le marché des introductions en Bourse (ou IPO) se prépare à afficher une forte croissance en 2014 en Europe, à la lumière des chiffres provisoires, le nombre de banques qui joue le rôle de teneurs de livre (ou bookrunner) dans ces opérations connaît, lui, une croissance disproportionnée. Car il n’y a jamais eu, en moyenne, autant de bookrunners par opération.
Selon les données récoltées par Thomson Reuters depuis 2000, 2,27 établissements ont en moyenne exercé ce rôle (qui consiste à informer les investisseurs pertinents et à tenir le carnet d’ordres des investisseurs) cette année, contre 2,17 en 2013 et 1,13 en 2000. Il y a 14 ans, 89% des IPO européennes n’impliquaient qu’un bookrunner, quand le nombre maximum observé était de cinq. En 2014, les opérations solitaires ne constituaient pas la moitié des introductions (44%), tandis que l’introduction du fournisseur d’informations financières, Markit, en juin dernier, a réuni 15 banques, celle de l’italien Fincantieri, onze et celle de l’assureur néerlandais NN Group, neuf; 10% des IPO ont compté au moins 5 bookrunners.
Mais cela ne signifie pas que les émetteurs soient plus généreux avec les banques. Le montant des commissions n’a pas progressé de manière significative. Les élues reçoivent donc des rémunérations plus faibles. L’explosion du nombre de bookrunners illustre plutôt une concurrence accrue entre les banques d’investissement, prêtes aujourd’hui à se battre sur tous les mandats dans un environnement commercial et réglementaire moins propice au faste des années de bulle financière. En outre, indiquent les analystes de Thomson Reuters, «la pénurie d’IPO en Europe au cours du credit crunch [suite à la crise financière] a pu encourager les banques d’investissement à développer leurs relations avec les entreprises européennes en anticipation du redémarrage du marché.»
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