Les banques mobilisent 58 milliards d’euros pour la trésorerie des PME
Les PME et TPE se plaignent de longue date de la parcimonie des banques, en particulier concernant le financement de leur trésorerie. Les engagements des établissements français pour 2010 – précisés vendredi à l’occasion d’une réunion à l’Elysée – devraient les rassurer partiellement.
Les banques consacreront une enveloppe de 58 milliards d’euros de crédits à court terme aux TPE et PME indépendantes. Ce montant vient s’ajouter aux 38 milliards de crédits nouveaux à moyen et long terme, annoncés le 11 février par la Fédération bancaire française (FBF). Au total, les établissements de crédit consacreront donc 96 milliards d’euros à cette clientèle, soit, d’après la FBF, une progression de 3% par rapport à 2009. Sachant que l’enveloppe de prêts à moyen et long terme augmente de 6% (comme cela avait été précisé en février), on peut en déduire que la production de crédits de trésorerie progressera elle d’un peu plus de 1,1% (645 millions d’euros).
Un pourcentage modeste, mais que la Confédération générale des PME (CGPME) accueille avec pragmatisme. «Ce qui compte, c’est que les banques répondent aux besoins des entreprises. Si la reprise démarre dès 2010, les besoins seront certainement supérieurs à l’enveloppe. Sinon, celle-ci pourrait s’avérer largement suffisante», indique Jean-François Roubaud, le président de la confédération. Pour lui, l’important est ailleurs: «Les bilans 2009 des entreprises seront dégradés. Les banques doivent s’y adapter et assouplir leurs critères d’octroi de crédit».
La CGPME retient surtout l’engagement des banques de réduire à quinze jours les délais de réponse aux demandes concernant les besoins courants des sociétés. Ce dispositif vient compléter la promesse de répondre aux TPE dans les huit jours ouvrables pour les dossiers inférieurs à 25.000 euros.
Les membres de la FBF ont profité de cette réunion pour faire part de leurs inquiétudes concernant l’impact «très négatif» des dernières propositions du Comité de Bâle (concernant les ratios de levier et de liquidité) sur leur politique de prêt (lire L’Agefi du 5 mars). Sur ce point, Nicolas Sarkozy devrait demander que leur effet soit évalué avant leur mise en œuvre. En outre, il a rappelé que l’ensemble des places financières devra avoir adopté les règles prudentielles de Bâle II en 2011 – une pierre dans le jardin des banques américaines.
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