Les banques françaises jaugent l’impact social des réductions de bilan
Mille suppressions de postes, sur un total d’environ 13.000 chez Crédit Agricole CIB (hors banque privée affiliée), croit savoir La Tribune (7 novembre). Alors que Crédit Agricole SA (CASA), sa maison-mère, doit publier ses résultats après-demain, les compteurs ne seraient en fait pas encore arrêtés. Toutefois, il est certain que les banques de financement et d’investissement (BFI) françaises devront toutes procéder à des départs, conséquence inévitable de leur réduction de bilan. Le mois dernier, un article d’EuroWeek indiquait que BNP Paribas pourrait réduire ses effectifs de 1.000 à 2.000 personnes, alors que Société Générale prévoirait 500 départs dans la BFI.
Selon la procédure, l’arrêté des contours doit être précisé avant d’en annoncer les impacts et d’en informer les représentants du personnel. Pour cela, le conseil d’administration doit se réunir. Chez CASA, celui de cette semaine n’aurait pas à son ordre du jour les suppressions de postes de sa BFI. A moins d’un conseil extraordinaire, les administrateurs de CASA et de CACIB se retrouveront en décembre. Les décisions devraient alors être arrêtées, mais leur mise en œuvre pourrait prendre jusqu’à six mois. On sait que la banque doit restreindre son champ d’action pour répondre à l’accélération du calendrier de Bâle III. Dès lors, outre les équipes des pays fermés, celles de distribution-vente des activités dont les positions sont insuffisantes ou ne génèrent pas de ventes croisées seront parmi les premières touchées, tandis qu’une petite partie sera maintenue pour gérer les portefeuilles en extinction.
Le schéma sera peu ou prou identique dans les autres groupes. Chez Société Générale, dont la BFI emploie 13.300 personnes, l’impact social de la diminution de la base de coûts n’a pas davantage été officialisé. Mais la DRH assure que les reclassements internes seront privilégiés (L’Agefi hebdo du 29 septembre). «Les suppressions de postes liées à la réduction de notre bilan concernent essentiellement la BFI dans le monde», a pour sa part confirmé Baudouin Prot, directeur général de BNP Paribas. Elles se compteraient en «centaines» et «le plan sera annoncé courant novembre», a-t-il précisé. Un comité d’entreprise est en effet prévu le 16 novembre. Il donnera le détail du plan de départs volontaires qui toucherait notamment les équipes de financements structurés, soit 2.000 salariés sur les 20.000 de la BFI.
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