Les assureurs maintiennent leur confiance dans le private equity
Alors que les banques font preuve d’une grande prudence face aux échéances réglementaires qui les attendent, les groupes d’assurances semblent dans l’ensemble plus sereins dans leur allocation à l’égard du capital-investissement.
En dépit de la future réglementation prudentielle Solvabilité 2, huit assureurs sur dix n’ont pas réduit leur exposition à cette classe d’actifs. En outre, près d’un tiers (30%) n’ont pas encore atteint leur objectif d’allocation, selon une enquête de Private Equity Intelligence (Preqin) réalisée en mars et avril auprès de 55 compagnies à travers le monde et rendue publique la semaine dernière. En effet, d’après les chiffres collectés auprès de 322 assureurs suivis par Preqin, l’allocation moyenne atteint 2,7% de leurs investissements mais leur objectif moyen est de 3,1%.
Plus rassurant encore pour les gérants de fonds, 88% des groupes interrogés pour l’étude envisagent de maintenir ou d’accroître leurs placements à long terme, alors que les règles de Solvabilité 2 (qui entreront en pleine application à compter du mois de janvier 2014) font des placements dans des sociétés non cotées. A plus court terme, 60% ont l’intention d’investir cette année, 2% en 2013 et 16% en 2014 seulement.
La réglementation semble toutefois provoquer des réactions différentes selon les régions d’origine des investisseurs. «Un nombre important de ces assureurs sont des acteurs européens, qui sont inquiets des implications de Solvabilité 2. Un investisseur belge nous a expliqué qu’il ne prévoyait pas d’investir avant 2014 «en raison des coûts de Solvabilité 2 en capital réglementaire"», souligne Preqin. Certains interlocuteurs du Vieux Continent relèvent également un défaut de transparence à l’approche de la mise en œuvre de ces règles prudentielles.
L’univers européen de l’assurance est très divers et l’approche variera sans doute fortement selon la taille et le degré d’internalisation des acteurs. Le côté rassurant des résultats de l’enquête confirme par exemple les déclarations du groupe Axa. Celui-ci avait précisé l’année dernière que la mise en vente de sa filiale Axa Private Equity lui permettrait de diversifier son allocation à la classe d’actifs, mais qu’elle ne signifiait en aucun cas une réduction de voilure en termes d’exposition globale. La situation est en revanche moins claire pour les assureurs mutualistes.
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