Les actions reprennent quelques couleurs après le vendredi noir
Les marchés d’actions européens effacent lundi matin une partie des lourdes pertes essuyées vendredi, mais les investisseurs restent prudents en l’absence d’informations détaillées concernant le nouveau variant Omicron, potentiellement très contagieux, du virus responsable du Covid-19.
Vers 11h30, l’indice Stoxx Europe 600 reprend 0,9%, après avoir perdu 3,7% vendredi. A Paris, le CAC 40 prenait 1,1%. A Francfort, le DAX 40 s’adjuge 0,6%, tandis que l’indice Ibex-35, l’un des plus affecté vendredi, gagne 1% à la Bourse de Madrid.
Une majorité de secteurs européens évoluent en hausse, la progression la plus importante revenant à l’indice Stoxx du transport et des loisirs qui gagne 2,35%. Les compagnies aériennes, ébranlées par les inquiétudes concernant les restrictions de circulation, reprennent des couleurs.
Wall Street est attendue en hausse à l’ouverture ce lundi, les futures sur indice S&P 500 progressant de 0,8% et ceux sur le Nasdaq de 1,1%.
Sur les marchés de taux, qui ont bénéficié vendredi d’une fuite des investisseurs vers la qualité, les rendements des emprunts d’Etat se tendent. En Europe, les rendements du Bund 10 ans et de l’OAT 10 ans se tendent de 2 points de base (pb), à -0,32% et 0,05% respectivement. Le taux 10 ans américain s’écarte de 5 pb à 1,54%.
Ce lundi matin, en Asie, les principaux indices se sont retrouvés sous pression dans le sillage de la chute vendredi. L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a perdu 1,6%, tandis que le Hang Seng de la Bourse de Hong Kong a cédé 0,9%. L’indice Shanghai Composite a terminé quasi inchangé.
Le Stoxx 600 et le CAC 40 ont accusé vendredi leur pire bilan hebdomadaire depuis 13 mois. Une chute en partie liée à la faible liquidité dans le marché au lendemain de Thanksgiving et à l’approche de la fin de l’année alors que les principales places boursières mondiales avaient récemment atteint de nouveaux points hauts.
Evaluer la menace
Ce mouvement a été motivé par les craintes liées à la situation sanitaire et économiqueaprès la découverte d’un variant du coronavirus, appelé Omicron, dont les mutations pourraient potentiellement le rendre plus contagieux et résistant aux vaccins actuels. Alors qu’un médecin sud-africain, parmi les premiers à avoir tirer la sonnette d’alarme au sujet d’Omicron, a indiqué que les symptômes liés au variant étaient jusqu'à présent bénins, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a estimé lundi que le risque lié au variant était «très élevé» à l'échelle mondiale.
Les investisseurs cherchent désormais à évaluer la menace que le variant Omicron représente pour l'économie mondiale. Au cours du week-end, plusieurs pays, d’Europe notamment, ont annoncé avoir détecté leurs premiers cas du variant et nombre d’entre eux ont imposé de nouvelles restrictions sur les voyages en provenance d’Afrique australe afin de se prémunir contre le virus.
La prudence devrait rester de mise sur les marchés tant que les données médicales concernant non seulement la dangerosité d’Omicron mais aussi l’efficacité des vaccins actuels contre ce nouveau variant seront limitées.
Plusieurs scenarios
«Dès vendredi il était clair que les informations scientifiques connues n’étaient pas encore suffisantes pour tirer des conclusions sur l’éventuelle dangerosité de ce variant», nuance toutefois Sebastian Paris Horvitz, stratégiste chez La Banque Postale AM. Ce qui rend difficile d’en déduire que cela pourrait entraîner obligatoirement des confinements massifs dans des nombreux pays avec des conséquences économiques sévères. «Ce scénario est possible, mais loin d’être le plus probable», poursuit le stratégiste. Grâce notamment aux vaccins. «En outre, nous avons appris à adopter notre organisation sociale et économique afin d’amoindrir l’impact économique d’une crise sanitaire. Aujourd’hui, la prudence doit prévaloir mais pas la panique. Nous pensons qu’un certain calme va revenir sur les marchés, mais avant qu’il y ait plus de clarté sur l’impact réel de ce variant sur la situation sanitaire, la volatilité restera élevée.»
Les économistes de Goldman Sachs affirment dans une note publiée dimanche qu’ils ne reverront pas leurs prévisions de croissance tant que la probabilité d’un des quatre scénarios établis pour Omicron ne sera pas plus claire. Pour la banque américaine il y a deux scénarios baissiers, dont un sévère, un scénario favorable dit « fausse alerte » et un encore plus favorable de normalisation plus rapide en cas de forte transmission mais avec moins de conséquences sanitaires.
La détection de nouveaux variants et la flambée de la pandémie dans la zone euro renforcent l’incertitude et compliquent l'élaboration de prévisions économiques, a déclaré lundi Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne (BCE).
Dimanche, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a toutefois estimé que la zone euro était mieux armée pour faire face à l’impact économique d’une cinquième vague de contaminations ou au variant Omicron.
Ce lundi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui s’exprimait lors d’une conférence en ligne organisée par Paris Europlace, a quant à lui rappelé que les impacts économiques des vagues épidémiques successives ont été jusqu'à présent de moins en moins préjudiciables et que cette nouvelle vague ne devrait donc vraisemblablement pas trop changer les prévisions économiques.
Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré ce lundi ne pas avoir «d’inquiétudes pour la croissance française» en dépit de l’apparition d’Omicron.
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