L’équation budgétaire de la France se dégrade à vue d’œil
L’acquis de croissance pour 2022 n’est plus que de 1,9% à fin mars.
Publié le
Alexandre Garabedian
Les midcaps ont chuté de 19% depuis le 9 mars
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C’est officiel : l’hypothèse d’une croissance de 4% en 2022 en France, qui avait servi à élaborer le budget 2022 et la prévision d’un déficit de 5%, est définitivement enterrée. L’Insee a planté hier le «dernier clou dans le cercueil», selon la formule de Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, en révisant à la baisse ses chiffres de croissance. Le produit intérieur brut (PIB) du premier trimestre, au lieu de stagner, selon la première estimation de l’institut, s’est finalement contracté de 0,2%. Sa progression en 2021 a également été rabotée, de 7% à 6,8%.
L’acquis de croissance pour le reste de l’année 2022, qui mesure ce que serait la croissance en cas de stagnation de l’activité à ses niveaux de fin mars, a donc été nettement revu en baisse. Il ne s’élève plus qu’à 1,9% à la fin du premier trimestre, contre 2,4% lors des estimations précédentes. Or, guerre en Ukraine et inflation obligent, les prochaines publications du PIB ne s’annoncent guère enthousiasmantes. La consommation des ménages, qui a retranché 1,5 point de croissance au premier trimestre, s’est encore contractée pour les biens en avril (-0,4%), a indiqué l’Insee mardi. «Si la consommation des services est probablement beaucoup plus dynamique, il est probable que la consommation des ménages contribuera à nouveau négativement à la croissance du deuxième trimestre, compte tenu du contexte d’inflation et de la baisse de la confiance», note Charlotte de Montpellier, économiste chez ING.
Collectif budgétaire
Pour la banque, le PIB français devrait encore se contracter au deuxième trimestre, ce qui signifie que le pays est déjà en récession. La reprise du tourisme cet été devrait ensuite permettre un léger rebond. «Nous tablons désormais sur une croissance de 2,1% pour l’ensemble de l’année, contre 2,7% précédemment», poursuit l’économiste d’ING.
On est loin de la prévision officielle, faite avant la guerre en Ukraine. Mais aussi des projections de la Commission européenne, qui tablait encore, le 16 mai, sur une croissance de 3,1% en France pour 2022, supérieure à la moyenne en zone euro. Alors que l’inflation ne cesse de grimper, à 5,8% en mai en données harmonisées (IPCH), et que le gouvernement prépare pour le 29 juin un projet de loi destiné à préserver le pouvoir d’achat des ménages, l’équation budgétaire se complique de jour en jour.
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